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individuation

La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se faire, mais pour se trouver.

Auteur: Courteline Georges Moinaux

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[ raisons de lire ] [ quête ] [ réflexivité ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

lecture

Un livre ne vaut quelque chose que s'il vaut beaucoup et n'est profitable qu'une fois qu'il a été lu, et relu, et aimé, et aimé encore, et marqué de telle façon que vous puissiez vous référer au passage dont vous avez besoin comme un soldat peut prendre l'arme qu'il lui faut.

Auteur: Ruskin John

Info: Dans "Sésame et les lys"

[ imprégnation ] [ fondation de la pensée ] [ fusion des consciences ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

vernis culturel

Les empires les plus civilisés seront toujours aussi près de la barbarie, que le fer le plus poli l'est de la rouille ; les nations, comme les métaux, n'ont de brillant que les surfaces.

Auteur: Rivarol Antoine de

Info: De la philosophie moderne

[ sauvagerie sous-jacente ]

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Ajouté à la BD par miguel

théologie

Préambule pour la chaîne "Considérations sur le Temps".

Je pensais jusque là que te temps n'existe pas en dehors de la race. Et qu'il n'a aucune importance puisque sa durée est illimitée... Même si dans l'absolu c'est une contre vérité.

Les requins ont 400 millions d'années au compteur, il semble que leur univers soit immédiat, inchangé... Ils ont atteint une certaine forme de perfection par rapport à leur milieu, plutôt stable lui aussi : l'océan. Belle homéostasie ma foi.
Mais pour faire quoi ?

L'humain a lui émergé il a quelques centaines de milliers d'années. Autant dire que son parcours en tant qu'espèce est étonnamment rapide. Ou dérisoire ?
Cousin du requin parce qu'issu lui aussi de l'extraordinaire machine Gaïa, l'homme est un parent instable, jamais adapté ni satisfait... On le dirait perdu dans sa croissance, dans l'accélération de son avidité même. Il est curieux, il veut savoir... Il veut plus. Et la culture consumériste le pousse de plusieurs crans dans cette direction. Moustique qui se rue dans la flamme de la bougie ? Parallèlement, au bénéfice d'une mémoire externalisée donc collective, l'humain ne cesse d'agrandir sa conscience, l'idée de sa place dans le cosmos, parmi les autres vivants, son Moi, etc. Sans parler de son efficacité létale par rapport au reste de la vie non bactérielle.

Le temps n'existe pas hors notre espèce pour l'unique raison que, n'ayant jamais trouvé moyen de communiquer sur le sujet avec une autre entité vivante. Nous n'avons pas d'autre point de vue sur la question. Il est de fait anthropomorphique. Et cette toute petite focale (la notre), qui constate sans cesse ce non "partage du présent" avec les autres entités de cette réalité, isolés les uns des autres en tant qu'espèces, nous ramène aux monades de Leibniz.

Il se trouve cependant que notre monade de primates dépoilés eut un jour ce coup de génie (folie?), qui consista à associer des signes écrits avec des éléments de sa réalité. Signes qui firent - et font désormais - consensus général quant à leurs définitions communes. Notre monde de sapiens transposé dans le langage. Transmutation qui, de par l'ouverture qu'elle apporte et la paresse physique qu'elle permet, a rapidement correspondu à une sorte de drogue. Plus grands addicts de cette came, les ci-nommés intellos, philosophes... et autres grandes lectrices.

L'univers de l'animal, plus immédiat parce que non transcodé et différé par le langage, ressemble à un cosmos vierge et pur, qui vit l'instant, sans tous ces paramètres passés mémorisés, distractions, envies d'être ailleurs... pour le polluer. Que se racontent les oiseaux d'ailleurs ?

L'homme vit dans les commentaires de ce qu'il vit.

Est-ce suicidaire ? Peut-être... Qui sait ?... On verra... On s'en fout.

Disons que non.

Tout ceci laisse à penser que si des arbres du vivant se sont développés sur d'autres planètes - et que l'humanité perdure pour se retrouver en position les explorer - il faudra évidemment rechercher des races qui ont développé langage et mémoire externes. Histoire de rester à notre niveau.

Alors un patient travail de traduction pourra être entamé. On aimerait tous en être j'en suis sûr.

Le temps à immense importance. Sans lui tout se passerait simultanément (ah ah ah...) Aucunement stressé par quelque survie immédiate, ou autre "objectif à atteindre", à l'instar de notre monde de compétition marchande et avide, il laisse place aux innombrables développements d'infinies variantes qui, pour le grand bonheur du contemplatif, ne cesseront jamais de le désennuyer.

Il existe certainement quelque part une théorie qui démontre que le Dieu que certains tentent d'imaginer est dans cette position paradoxale. Un Créateur impuissant.

S'il ne l'était pas il enlèverait sa liberté au vivant, donc à l'homme.

Je termine ce petit essai pour souligner les deux pensées opposées qui débutent cette chaîne de citations. Éternel débat entre créationnistes et non créationnistes.

Auteur: Mg

Info: juillet 2019

[ interrogations ]

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évolution biologique

La réponse habituelle à cette question est qu'il y avait suffisamment de temps pour tout essayer. Je ne pourrais jamais accepter cette réponse. L'empilage de briques au hasard n'accouchera jamais d'un château ou d'un temple grec, quel que soit le temps à disposition. Un processus aléatoire ne peut faire émerger des structures significatives que s'il y a choix entre mutations sensées et mutations absurdes.

Auteur: Szent-Györgyi von N Albert

Info: Molecular Evolution: Prebiological and Biological. The Evolutionary Paradox and Biological Stability (p. 111) Plenum Press. New York, New York, USA. 1972

[ créationniste ] [ tâtonnement intelligent ]

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athéisme

En se posant des "limites", en privilégiant sa dimension morale par rapport à sa dimension dogmatique, la religion a, sans avoir recherché cet objectif, évité aux Etats-Unis les conflits avec la science qui caractérisent d’autres contextes nationaux, et notamment le contexte français. […]
En raison de sa centralisation, le catholicisme français était porteur de conflit avec l’autorité politique dont le protestantisme américain était préservé de par son éclatement. De plus, la dimension dogmatique est plus accentuée et la liberté d’interprétation du dogme consentie au croyant plus étroite dans le catholicisme que dans le protestantisme. D’où le conflit du catholicisme avec le développement des sciences.

Auteur: Boudon Raymond

Info: Dans "Croire et savoir", page 77

[ exception religieuse américaine ] [ sécularisation ] [ christianisme ] [ occident ] [ historique ]

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explication du monde

Le grand service que les religions ont rendu à la pensée est d’avoir construit une première représentation de ce que pouvaient être ces rapports de parenté entre les choses.

Auteur: Durkheim Emile

Info: Les Formes élémentaires de la vie religieuse, page 340

[ système de correspondances ] [ historique ]

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pragmatisme

Les physiciens sont trop portés à chercher les mauvaises généralisations, à concocter des modèles théoriques trop nets, trop puissants et trop propres. Il n'est pas surprenant de constater qu'ils s'accommodent difficilement des données. Pour produire une très bonne théorie biologique, il faut essayer de regarder au-delà du désordre produits par l'évolution, vers les mécanismes de base. Ce qui semble être un processus désespérément compliqué pour les physiciens pourrait bien être ce que la nature a trouvé de plus simple, parce qu'elle ne pouvait s'appuyer sur ce qui existait déjà.

Auteur: Crick Francis Harry Compton

Info: What Mad Pursuit?: A Personal View of Scientifi c Discovery (p. 139) Basic Books, Inc. New York, New York, USA. 1988

[ évolution du vivant ]

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séquençages

Les sciences ont commencé à se développer. Leur fondement philosophique n'a jamais été très solide. Débutant comme de modestes opérations de sondage pour démêler les œuvres de Dieu dans ce monde, suivant ses traces dans la nature, elles ont graduellement été amenées à des généralisations de plus en plus gigantesques. Comme les pièces du puzzle géant ne semblaient jamais s'emboîter parfaitement, il a fallu construire des sous-ensembles de puzzles plus petits et plus homogènes, pour chacun desquels l'ajustement était meilleur.

Auteur: Chargaff Erwin

Info: Voices in the Labyrinth. Perspectives in Biology and Medicine, VII, Volume 18, Spring 1975, (p. 323)

[ structure générale ] [ organisation globale ] [ phylogénie ]

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quête

C'est le sens du mystère qui, à mon avis, anime le vrai scientifique : cette même force, qui voit sans yeux, entend sans oreilles, se souvient inconsciemment, et qui transforme les larves en papillon. S'il n'a pas connu, au moins quelques fois dans sa vie, ce frisson le long de la colonne vertébrale, confrontation avec ce prodigieux et immense visage invisible dont le souffle l'émeut aux larmes, il n'est pas un scientifique. Plus la nuit est noire, plus vive est la lumière.

Auteur: Chargaff Erwin

Info: Heraclitean Fire : Sketches from a Life Before Nature. Partie II. In the Light of Darkness (p. 114) Rockefeller University Press. New York, New York, États-Unis. 1978

[ émerveillement théologique ]

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