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rêveurs

Penser à tout ce qu’on veut sauf à ce qui existe : telle est la devise qui me semble guider souvent les philosophes d’hier et d’aujourd’hui.

Auteur: Rosset Clement

Info: "Le régime des passions" in L'école du réel, page 371

[ vacherie ] [ branlette intellectuelle ] [ hors-sol ]

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fantasme

On considère généralement l’amour comme une passion, et même la plus exemplaire de toutes. Or, au risque de passer une fois de plus pour quelqu’un que démange le goût du paradoxe, je pense que cette vue est fausse, pour plusieurs raisons dont la principale – et la seule dont je parlerai ici – me semble être que les passions se définissent toujours par la poursuite éperdue d’un objet absent ou irréel, alors que l’amour est toujours, du moins sous sa forme la plus courante, l’amour de quelque chose et, le plus souvent, de quelque personne. Sans doute arrive-t-il que l’amour trébuche par perte de l’objet aimé et donne alors, lorsqu’il persiste et dure, dans des comportements égarés dont on peut justement dire qu’ils sont passionnels. Mais précisément, c’est quand l’objet d’amour vient à manquer, quand l’amour ne peut plus appréhender ce dont il déclarait auparavant faire pitance, bref quand l’objet aimé en vient à perdre, aux yeux de l’amoureux, toute réalité tangible, que se déclare un amour fou et passionnel.

Auteur: Rosset Clement

Info: "Le régime des passions" in L'école du réel, page 355

[ désir ]

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unicité

Il n’y a rien de plus précieux à penser que la réalité ; or, celle-ci ne fait qu’une avec sa propre identité ; donc la parole philosophique qui rend le mieux la réalité est celle qui exprime le mieux son identité : à savoir la tautologie. Par ce syllogisme je ne prétends évidemment pas établir que le discours philosophique se réduit au discours tautologique. La brièveté même de la tautologie interdit de le penser […] comme elle interdit de toute façon de parler de "discours tautologique", - sinon toute la philosophie du monde se résumerait à la formule selon laquelle A est A (je ne suis d’ailleurs pas très loin de le penser, mais cela est une autre affaire.) Je veux seulement suggérer que le discours philosophique le plus fort est d’inspiration tautologique et que tout discours philosophique tenu à partir de l’inspiration contraire, c’est-à-dire de l’intuition dualiste, est plus faible. On pourrait ainsi imaginer un arbre généalogique des philosophes scindé dès le début en deux branches rivales et inconciliables : celle qui commence avec Parménide, pour la lignée légitime, et celle qui commence avec Platon, pour la lignée bâtarde.

Auteur: Rosset Clement

Info: "Le démon de l'identité" in L'école du réel, page 346

[ historique ] [ matérialisme-idéalisme ]

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hallucination

C’est un des mystères attachés à la condition humaine, et la définition de sa folie essentielle, que le domaine de l’inexistant ait presque toujours la part la plus belle par rapport au domaine de l’existant.

Auteur: Rosset Clement

Info: "Principes de sagesse et de folie" in L'école du réel, page 295

[ dissociation ] [ réalité-imaginaire ]

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collapsologie

Deux supercheries sont à prendre ici en considération. La première est de présenter comme neuf ce qui est vieux et usé jusqu'à la corde, aussi vieux que le monde lui-même et l'aversion que celui-ci a pu inspirer à tel ou tel. Pline l’Ancien qui, il y a presque deux mille ans, diagnostiquait tout au long de son Histoire naturelle une dégradation de la nature et une fin du monde prochaine qui se sont en fin de compte résumées à la disparition de la seule personne de Pline lui-même, imprudemment aventuré sur les flancs d’un Vésuve en pleine éruption.

Auteur: Rosset Clement

Info: "Le principe de cruauté" in L'école du réel, pages 248-249

[ historique ] [ projection ]

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remède préventif

[…] une vérité philosophique est d’ordre essentiellement hygiénique : elle ne procure aucune certitude mais protège l’organisme mental contre l’ensemble des germes porteurs d’illusion et de folie.

Auteur: Rosset Clement

Info: "Le principe de cruauté" in L'école du réel, page 224

[ renforcement psychique ] [ penseurs ] [ réconfort logique ]

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fondements philosophiques

Ainsi la philosophie s’obstine-t-elle généralement à remplacer l’idée que "cela est" par l’idée qu’il est impossible et inadmissible que "cela soit" : opposant au règne souverain et contraignant de l’être, le règne fantasmatique et moral d’un "doit être".
[…] ce à quoi en a la morale n’est pas du tout l’immoral, l’injuste, le scandaleux, mais bien le réel, - unique et vraie source de tout le scandale. Le cas de Platon et de Rousseau, pour m’en tenir à ces deux seuls penseurs soucieux avant tout de morale, est ici très éclairant. Platon ne cesse en effet de représenter comme méprisable et indigne de l’homme ce qui constitue au contraire sa tâche la plus haute et la plus difficile : je veux dire s’accommoder du réel, trouver sa satisfaction et son destin dans le monde sensible et périssable. De même l’égarement de Rousseau consiste-t-il essentiellement à condamner comme immorale toute réalité dès lors que celle-ci est tragique. […] Le dernier mot de la philosophie de Platon comme de celle de Rousseau me paraît ainsi se résumer à ce simple et aberrant adage : que si la vérité est cruelle, c’est qu’elle est fausse, - et doit par conséquent être à la fois réfutée par les doctes et dissimulée au peuple. Kant, me semble-t-il, s’inspire souvent du même adage ; établissant volontiers – ou croyant établir – la validité des thèses qui lui sont chères (comme l’immortalité de l’âme ou la rationalité et la finalité de la nature) sur la seule considération du caractère contrariant des hypothèses inverses. Ainsi cette démonstration étrange de la première proposition de l’Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique. Proposition : "Toutes les dispositions naturelles d’une créature sont déterminées de façon à se développer un jour complètement et conformément à un but." Démonstration : "Car si nous nous écartons de ce principe, nous n’avons plus une nature conforme à des lois, mais une nature marchant à l’aveuglette, et le hasard désolant remplace le fil conducteur de la raison." Idées vraies et idées fausses se départagent en somme aisément au gré de Kant : les premières se reconnaissent à leur nature agréable, les secondes à leur aspect "désolant".

Auteur: Rosset Clement

Info: "Principe de cruauté" in L'école du réel, pages 216-218

[ autoconfirmation ] [ réconfort existentiel ] [ simplicité bipolaire ]

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écrivain

L’œuvre de Raymond Roussel est un exemple parfaitement accompli d’une écriture autosuffisante qui élimine toute trace de réalité au profit de son propre objet littéraire. […] Cette mise au ban du réel s’effectue à deux niveaux et en deux temps. Tout d’abord Roussel libère le langage de sa charge habituelle, d’avoir à évoquer le réel, pour en faire son unique source d’inspiration et d’information. […]
Mais d’autre part cette écriture même, dont Roussel fait le premier et dernier mot de la littérature, apparaît moins comme un système de significations, autonome mais logique, que comme une combinaison à jamais arbitraire de pseudo-significations ou de significations aberrantes, le hasard des assonances et des homonymies – le jeu de mots – en constituant l’unique consistance. […] Car le langage roussellien se passe de signification intrinsèque comme il se passe de référence à une réalité extérieure : d’une part, il n’a rien à dire, d’autre part il ne veut de toute façon rien dire.

Auteur: Rosset Clement

Info: "Mirages" in L'école du réel, pages 187-188

[ style ] [ analyse ] [ manière ] [ hors-sol ] [ folie ]

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passivité

Or, si l’on demande ce qui rend le casanier indésirable, aux yeux du romantique comme à ceux de beaucoup d’autres, on s’aperçoit que le casanier pèche, non par son assurance et sa régularité, mais par ses incertitudes et son instabilité ; non par son prétendu bien-fondé mais par sa foncière et très réelle gratuité ; non, pour parler plus abstraitement, par un excès d’être, là où il est, mais plutôt par un manque à être et une dérobade perpétuelle […] – qu’il lui manque donc, pour convaincre, non d’être trop casanier mais bien de l’être insuffisamment. Livré à la mouvance de la vie, le casanier ne sera jamais vraiment casanier, car son ici se meut et se modifie sans cesse, au mépris de toute définition de ce qu’il est, d’être un ici et non un ailleurs […].

Auteur: Rosset Clement

Info: "Mirages" in L'école du réel, pages 161

[ désinvolture ] [ reproches ] [ fuite sédentaire ]

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paradigme

Si donc l’ailleurs n’est pas expérimentable à partir de l’ici, l’ici en revanche n’est pas repérable sans l’intermédiaire d’un ailleurs. Raison pour laquelle toute une philosophie métaphysique s’est attachée, depuis Platon, à lier la connaissance des choses à celle de leurs principes, ceux-ci extérieurs à celles-là ; ne trouvant ainsi d’autre solution à l’appréciation de l’ici que celle qui consiste à l’éclairer d’un ailleurs.

Auteur: Rosset Clement

Info: "Mirages" in L'école du réel, pages 155

[ référentiel ] [ unité philosophique ] [ projectionniste implicite ]

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