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utopie

L’écologie de l’esprit, c’est une question de ré-articulation entre l’individuation psychique, l’individuation collective et l’individuation technique. Ces trois régimes, ces trois règnes, sont intrinsèquement liés et, par moments, se désajustent, se cannibalisent l’un l’autre. Il faut désormais rebâtir un nouvel espace public, des régimes de singularités à l’intérieur de l’organisation technique, réinventer une nouvelle chose publique, être capable de produire une politique à long terme.

Auteur: Stiegler Bernard

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[ bla bla ] [ triade ]

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technologie

Nous en sommes arrivés à notre troisième stade de prolétarisation, celle-ci étant instituée depuis 200 ans. Le premier stade de celle-ci fut de dépouiller les travailleurs de leur travail, celui-ci compris au sens de l’œuvre, le deuxième stade, parcourant le 20 ème siècle, fut de priver les citoyens de leur savoir-vivre, de leur être "ensemble" et enfin le dernier nous conduit à celui de la bêtise généralisée, stigmatisée par l’hyper-consommation et cette suprématie des algorithmes qui, "nous stupéfiant, nous rendent stupides".

Auteur: Stiegler Bernard

Info: La société automatisée, Fayard 2015, p. 52

[ progrès ] [ évolution ] [ historique ]

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post-capitalisme

Nous pensons que nous vivons une mutation de l’économie libidinale, c’est-à-dire de la sublimation, c’est-à-dire de la science et des activités de l’esprit en général, une mutation qui nécessite des "agencements" nouveaux, je reprends le mot deleuzien délibérément : des agencements nouveaux entre l’initiative privée, bancaire, industrielle, de Recherche-Développement, et une nouvelle forme de puissance publique. Pas forcément l’État, mais aussi des ONG ou des associations en lien avec l’Europe, capables de créer des externalités en vue de bâtir de nouvelles solvabilités qui, pour le moment, n’existent pas.

Nous disons qu’il s’agit véritablement de changer de paradigme et de voir le caractère limite de la situation actuelle : le désir industriellement traité conduit à la destruction du désir, ce qui engendre la démotivation et du travailleur et du consommateur, là où, comme le redisent Boltanski et Chiapello après Max Weber, le capitalisme "marche" à la motivation ; sans motivation, il ne peut pas fonctionner. Il y a eu des techniques de fabrication artificielle de la motivation, et ces techniques ont fini par détruire cette motivation. Nous disons que c’est un problème écologique. On a exploité des champs de pétrole, de charbon et on a détruit ce qu’on exploitait, et il faut trouver des énergies renouvelables. C’est la même chose dans le domaine du désir, il faut trouver une énergie renouvelable de la libido.

Or la libido est constituée par des techniques ; ce n’est pas une énergie qui se développe spontanément, mais elle est articulée sur des techniques, des "fétiches", et plus généralement sur des prothèses : c’est la technè, l’artefactualisation du vivant qui constitue la libido, ce que Freud n’a pas pensé. Le capitalisme a très bien vu cela, il a développé, dans un sens, qui n’est pas celui de Marx, le "fétichisme" de la marchandise : il a utilisé la puissance de l’artefact comme captation du fantasme afin de fixer la libido sur ses propres objets. Le problème, c’est qu’il a fini par détruire toutes les structures qui sont les conditions de fonctionnement de cette libido, et qui ne se réduisent pas à la calculabilité. Donc le capitalisme a fini, en captant la libido, par la désingulariser. Or une libido désingularisée n’est plus une libido, c’est une pulsion. Aujourd’hui le capitalisme est arrivé à sa limite, il a transformé la libido en pulsion. Mais la pulsion, il ne sait pas quoi en faire, elle lui explose à la figure, et c’est ce que nous vivons en ce moment. Le 11-septembre a signé l’entrée dans cette situation, qui existait depuis bien longtemps, mais qui s’est, là, datée historiquement.

Auteur: Stiegler Bernard

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[ sexualisation ]

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