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autoportrait

[…] Vermeer semble bien s’être peint une fois, par un jeu de double miroir : dans cette toile sans nom précis, aujourd’hui appelée l’Atelier. Mais de dos, comme un peintre quelconque, qui pourrait être n’importe quelle autre personne occupée à sa toile. Rien, dans le costume, la taille, l’attitude du peintre, qui puisse être regardé comme signe distinctif, rien donc qui fasse état d’une complaisance quelconque du peintre à l’égard de sa propre personne. Dans le même temps cet Atelier – comme toutes les toiles de Vermeer – semble riche d’un bonheur d’exister qui irradie de toutes parts et saisit d’emblée le spectateur, et qui témoigne d’une jubilation perpétuelle au spectacle des choses : à en juger par cet instant de bonheur, on se persuade aisément que celui qui a fait cela, s’il n’a fixé dans sa toile qu’un seul moment de sa joie, en eût fait volontiers autant de l’instant d’avant comme de l’instant d’après. Seul le temps lui a manqué pour célébrer tous les instants et toutes les choses.

Auteur: Rosset Clement

Info: "Le réel et son double" in L'école du réel, page 70

[ interprétation ] [ émotion ]

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autoportrait

Moi un être mystérieux ? Chère maître, allons donc ! je me trouve au contraire d’une platitude écœurante, et je suis parfois ennuyé du bourgeois que j’ai sous la peau. Sainte-Beuve, entre nous, ne me connait nullement quoi qu’il dise.
Je vous jure même (par le sourire de votre petite-fille), que je sais peu d’hommes moins "vicieux" que moi. J’ai beaucoup rêvé et très peu exécuté. Ce qui trompe les observateurs superficiels c’est le désaccord qu’il y a entre mes sentiments et mes idées. Si vous voulez ma confession, je vous la ferai toute entière.
Le sens du grotesque m’a retenu sur la pente des désordres. Je maintiens que le cynisme confine à la chasteté. Nous en aurons à nous dire beaucoup (si le cœur vous en dit), la première fois que nous nous verrons.

Auteur: Flaubert Gustave

Info: Lettre à Georges Sand, le 22 septembre 1866

[ dénigrement ] [ jugement ]

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autoportrait

Je suis laid, gauche, malpropre et sans vernis mondain. Je suis irritable, désagréable pour les autres, prétentieux, intolérant et timide comme un enfant. Je suis ignorant. Ce que je sais, je l'ai appris par-ci, par-là, sans suite et encore si peu ! […] Mais il y a une chose que j'aime plus que le bien : c'est la gloire. Je suis si ambitieux que s'il me fallait choisir entre la gloire et la vertu, je crois bien que je choisirais la première.

Auteur: Tolstoï Léon

Info: Journal, 7 juillet 1854

[ autocritique ] [ sincérité ]

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autoportrait

En raison de mes tendances naturelles, du milieu où s’est déroulé mon enfance, de l’influence exercée par les études que ces mêmes tendances m’ont poussé à faire -pour toutes ces raisons mon caractère est du genre introverti ; fermé sur lui-même, et silencieux ; non pas se suffisant à lui-même, mais bien plutôt perdu en lui-même. Ma vie entière a été une vie de passivité et de rêverie. Mon caractère tout entier se définit par l’aversion, l’horreur et l’impossibilité -qui imprègnent tout ce que je suis, sur le plan physique et mental- d’entreprendre des actions décisives, et de concevoir des pensées bien arrêtées.

Auteur: Pessoa Fernando (Alv. de Campos)

Info: Dans "Un singulier regard"

[ contingence ] [ introversion ] [ lucidité ]

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autoportrait

Je lève les yeux vers le miroir.
Le visage qui se trouve face à moi n'est pas le mien.
Mes cheveux n'ont aucun volume et sont bien plus courts que la coupe que j'ai d'habitude ; la peau des joues et du cou est flasque, les lèvres sont minces, les coins de la bouche tombent. De ma gorge serrée sort un halètement inarticulé qui deviendrait un cri d'effroi si je ne le réprimais pas, puis je remarque les yeux. Ils sont entourés de rides, oui mais, malgré tout le reste, je vois bien que ce sont les miens.

Auteur: Watson S.J.

Info: Avant d'aller dormir

[ méconnaissable ] [ self-description ]

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autoportrait

Il y a des rides sur le front et à la commissure des lèvres. La peau commence à se flétrir. Le teint a perdu son éclat. Le regard est grave et inquiet. Les traits du visage sont harmonieux, des sourcils épais, des lèvres charnues. L'expression est tendue. Cette femme que je ne reconnais pas, sans aucun fard, c'est moi.

Auteur: Redonnet Marie

Info: La femme au colt 45

[ self description ] [ miroir ]

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autoportrait

Je viens d’avoir trente-quatre ans, la moitié de la vie. Au physique, je suis de taille moyenne, plutôt petit. J’ai des cheveux châtains coupés court afin d’éviter qu’ils ondulent, par crainte aussi que ne se développe une calvitie menaçante. Autant que je puisse en juger, les traits caractéristiques de ma physionomie sont : une nuque très droite, tombant verticalement comme une muraille ou une falaise, marque classique (si l'on en croit les astrologues) des personnes nées sous le signe du Taureau ; un front développé, plutôt bossué, aux veines temporales exagérément noueuses et saillantes. (...) Mes yeux sont bruns, avec le bord des paupières habituellement enflammé ; mon teint est coloré ; j'ai honte d'une fâcheuse tendance aux rougeurs et à la peau luisante (...).

Auteur: Leiris Michel

Info: Je viens d'avoir trente-quatre ans, §1 in Michel Leiris, L'Âge d'homme, Gallimard, 1939

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autoportrait

Par la réflexion et par l’expérience intérieure, j’ai découvert que rien n’a de sens, que la vie n’a aucun sens. Il n’empêche que tant qu’on se démène on projette un sens. Moi-même, j’ai vécu dans des simulacres de sens. On ne peut pas vivre sans projeter un sens. Mais les gens qui agissent croient implicitement que ce qu’ils font a un sens. Autrement ils ne se démèneraient pas. Si on tire la conclusion pratique de ma vision des choses, on resterait ici jusqu’à notre mort, on ne bougerait pas, cela n’aurait aucun sens de quitter le fauteuil où on est. Mon existence en tant qu’être vivant est en contradiction avec mes idées. Puisque je suis vivant, je fais tout ce que les vivants font, mais je ne crois pas à ce que je fais. Les gens croient à ce qu’ils font, car ils ne pourraient pas le faire autrement. Je ne crois pas à ce que je fais, mais j’y crois un peu malgré tout : c’est à peu près ça ma position.

Auteur: Cioran Emil Michel

Info: Entretiens

[ profession de foi ] [ positionnement ]

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autoportrait

Le sentiment que j’ai toujours eu était le sentiment d’inutilité, d’absence de but. On pourra dire que c’est maladif, mais maladif seulement dans ses effets, pas d’un point de vue philosophique. Philosophiquement il est tout à fait normal qu’on trouve tout inutile. Pourquoi devrait-on faire quelque chose, pourquoi ? Je crois que toute action est fondamentalement inutile. Et que l’homme a manqué son destin qui aurait dû être de ne rien faire.

Auteur: Cioran Emil Michel

Info: Entretiens

[ inanité ] [ incrédule ] [ paresseux ]

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