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confusion

Il est pensif, sans doute, mais cela n'a rien d'exceptionnel chez lui, car c'est un homme qui aime penser méthodiquement, lucidement, en distinguant finement les concepts qu'il manie avec une compétence de vrai professionnel. D'un certain point de vue, ce qui le laisse aujourd'hui pensif, c'est le fait d'être pensif, car sa réflexion vient d'aborder un thème qui lui semble globalement inadéquat, ou plutôt qui lui paraît invalidé par la réticence foncière dont il fait montre à l'égard des idées claires et précises ; un léger malaise commence en fait à l'atteindre, il serait préférable de l'apaiser. Le thème en question est l'amour. Il ne fait pas de doute qu'il éprouve un vif intérêt pour une jeune femme qui, au dire des experts, est amoureuse - leur avis se fonde sur des signes manifestes. Or lui est tout à fait certain que son intérêt aussi vif qu'indubitable relève d'une variante de l'amitié, de la participation, de la collaboration affective - c'est là un terme qu'il trouve très satisfaisant - mais qu'il est absolument étranger à l'amour. Il a cependant l'impression que la jeune femme, chez qui il ne nie pas un certain prestige tant physique que moral, a tendance à proposer une interprétation peu claire, inadéquate, insuffisamment et injustement réfléchie de leur relation. La chose l'embarrase, car il ne fait aucun doute par ailleurs qu'il considère sous un jour sincèrement favorable la présence de la jeune femme dans sa vie. Mais aussi, par respect pour sa propre probité mentale, il ne peut accepter que la jeune femme, d'un caractère sans doute un peu irréfléchi, ait le sentiment d'être plus ou moins au seuil d'une relation, ou encore qu'elle lui prête des pensées peu claires et puisse imaginer, par exemple, qu'il n'instaure pas une rigoureuse frontière lexicale entre "violente affection" et "amour". Il est on ne peut plus conscient de ne pas être amoureux, de n'avoir aucune disposition pour une relation privée, et de ne pouvoir envisager une telle chose dans un futur concevable. Sa position lui semble claire, honnête, explicite. Il ne comprend pas pourquoi la jeune femme a tant de peine à saisir des propos si lucides, pourquoi elle reste interloquée devant sa proposition de relation non relationnelle, sans amour mais affectueuse, chaude mais détachée, ce qui lui semble à lui une suggestion claire et utile. Il ne nie pas, d'un autre côté, que l'amour de la jeune femme le flatte énormément, et si la jeune femme abandonnait de tels sentiments, cela serait de sa part un signe d'inconstance ; et il lui serait difficile d'être l'ami de quelqu'un d'inconstant et de peu clair. A ce point de sa réflexion, le voilà de nouveau pensif. Il a l'impression d'être tombé dans un piège tendu par le "peu clair", l'anxiété qui commence à le ronger ne cessera que lorsqu'il en sera totalement, irrémédiablement sorti.

Auteur: Manganelli Giorgio

Info: "TRENTE HUIT" - In "Centurie", éd. Christian Bourgois, p. 71, trad. par J.B. Para - un des cent "mini romans-fleuves qui composent ce livre

[ logique ] [ catastrophe ] [ entêtement ] [ gamberge ] [ femmes-hommes ]

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Ajouté à la BD par Benslama
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gêne

Et là, elle te propose plusieurs bouquins, tu lui avoues à demi-mot qu’il faut pas que ce soit trop dur parce que t’es pas un "grand" lecteur, alors d’une voix douce elle te conseille celui-ci, il est très bien. Ton premier livre. T’as vingt-cinq ans et tu tiens ton premier livre, que t’as choisi, comme tu tiendrais ton premier enfant, super ému, t’assures, merde alors.

Auteur: Jallier Flo

Info: Les déchaînés

[ embarras ] [ lire ] [ lecture ]

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Ajouté à la BD par miguel

rapports humains

La conversation d’un grand esprit avec un esprit ordinaire, quand même leur éducation a été sensiblement la même, ressemble à un voyage que feraient ensemble un homme monté sur un cheval ardent et un piéton. Pour les deux, ce sera bientôt extrêmement fâcheux et, à la longue, impossible. A vrai dire, le cavalier peut pour un temps descendre de cheval, afin de marcher à côté de l’autre, quoique en ce cas l’impatience de sa monture lui donne beaucoup d’embarras.

Auteur: Schopenhauer Arthur

Info: Le monde comme volonté et comme représentation

[ décalage ] [ dialogue ]

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Ajouté à la BD par miguel

nouveau monde

Je n’eus pas plutôt mis le pied dans cette nouvelle terre, que je me sentis tout affamé ; si bien qu’après avoir attaché mes Gansas [oies], et ma machine au premier arbre que je rencontrais, je ne pensais plus qu’à satisfaire mon ventre. Pour cet effet, je fouillais tout aussitôt dans mes pochettes, pour en tirer les provisions dont j’ai parlé ci-devant. Mais au lieu des perdrix et des chapons que je pensais y avoir mis, je n’y trouvais qu’un mélange confus de feuilles sèches, parmi de la mousse, du poil de chèvre, des crottes de brebis et de semblables ordures. Il m’en arriva de même de mon vin de Canarie, qui se tourna en une puante et vilaine liqueur, telle à peu près du pissat de cheval, ou quelque autre bête ; d’où vous pouvez bien juger, que toutes ces choses n’étaient qu’illusions de malins esprits, et de quelle force j’en aurais été servi, si je m’y fusse fié. Mais tandis que je m’amusais à considérer de si étranges métamorphoses, j’ouïs un grand bruit que faisaient mes oiseaux ; qui battaient des ailes derrière moi, et me tournant tout en même temps, je vis comme ils se jetaient à corps perdu sur un certain arbrisseau, qui s’était fortuitement embarrassé dans l’étendue de leurs cordages, je pris garde qu’ils en mangeaient les feuilles avec une grande avidité, et m’en étonnais d’autant plus, que je ne les avais jamais vu jusqu’alors, se repaître d’aucune forme de mangeaille...

Auteur: Godwin Francis

Info: L'homme dans la Lune

[ exploration ] [ voyage spatial ] [ science-fiction ]

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gêne

Sans doute pour ne pas avoir l’air de remarquer le silence qui devenait plus gênant à mesure que le temps s’écoulait, Billard cherchait un écrou dans une boîte à outils et sa maîtresse essuyait l’intérieur de quelques tasses, avec le pouce. Quant à moi, je voulais parler, mais tout ce que je trouvais dénotait trop l’intention de mettre fin à une situation ridicule.

Auteur: Bove Emmanuel Bobovnikoff Dugast Vallois

Info: Mes amis

[ rapports humains ] [ embarras ] [ malaise ]

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Caput mundi

Les traits qui marquent la physionomie matérielle de la Rome impériale se heurtent en oppositions qui seraient irréductibles sans les harmoniques de l'Histoire et de la vie.

D'une part, le chiffre considérable de sa population comme la grandeur architecturale et la beauté marmoréenne de ses édifices publics l'apparentent aux grandes métropoles de l'Occident contemporain.

D'autre part, l'entassement auquel elle condamnait ses multitudes sur un terrain inégal et sur une aire restreinte par la nature et par les hommes, l'étranglement de ses ruelles enchevêtrées, la pénurie de ses services édilitaires, les embarras périlleux de sa circulation la rapprochent de ces villes médiévales qu'ont dépeintes les chroniqueurs et dont certaines cités musulmanes ont conservé jusqu'à nous le pittoresque tour à tour séduisant et sordide, les difformités imprévues et le grouillement anarchique...

Auteur: Carcopino Jérôme

Info: La vie quotidienne à Rome à l'apogée de l'Empire. In "La ville, ses maisons et sa police", chapitre du volume paru aux éditions "Hachette" en 1939

[ La Ville aux Sept Collines ] [ capitale ] [ Italie ]

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réflexion

La philosophie ferait bien de s'abstenir d'émettre de nouvelles injonctions sur la nécessité de rétablir le sens de l'existence, l'utilité de la vie, ou de réparer l'harmonie brisée entre l'homme et la nature. Elle devrait tenter d'être plus qu'une simple goutte d'eau dans le pathétique et douloureux océan d'autosatisfaction humaine. Le nihilisme n'est pas un embarras existentiel, juste une opportunité spéculative.

Auteur: Brassier Ray

Info:

[ mise en cause ] [ refus ]

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homme-machine

Face à ELIZA [programme capable de simuler une conversation], nombre de gens n'adoptaient pas la bonne attitude. Même pleinement conscients de sa vraie nature, ils parvenaient à s'impliquer émotionnellement et à lui confier leurs souffrances intimes. La propre secrétaire de [l'auteur du programme], qui l'avait vu durant des mois travailler sur ELIZA, ne lui en demanda pas moins de quitter la pièce lors de sa première séance de "thérapie" avec le programme ; à Stanford, un célèbre informaticien soviétique, qui essayait une version d'ELIZA, plongea ses hôtes américains dans l'embarras en se lançant dans une conversation extrêmement privée avec l'ordinateur.

Auteur: Crevier Daniel

Info: A la recherche de l'intelligence artificielle

[ intelligence artificielle ] [ dialogue ]

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statistiques

Un des faits embarrassants de la psychologie sociale est que la plupart des stéréotypes sont vrais, dans l'unique sens que les poncifs sont toujours vrais : en moyenne.

Auteur: Bailey J. Michael

Info: "Stereotypes of homosexuals". Interview with Steve Sailer, www.upi.com. August 23, 2002

[ limitation ] [ tendances ]

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intraduisible

Un autre exemple est un mot d’une des langues des Indiens Peaux-Rouges, constitué de quatorze syllabes (je l’ai su autrefois, mais depuis je l’ai oublié), qui désigne une situation extrêmement typique : des gens assis ensemble et qui se regardent l’un l’autre, espérant que l’un d’entre eux, en tout cas un autre que soi-même, va oser prendre la parole ; ou faire ce que soi-même on n’ose pas entreprendre. C’est une expérience que nous avons tous vécue. Vous vous trouvez autour d’une table pour un grand repas et vous voyez tous ces gens se regarder en attendant que quelqu’un ose faire le geste que personne n’ose faire. Eh bien chez ces Indiens, tout cela est exprimé en un seul mot de quatorze syllabes.

Auteur: Jung Carl Gustav

Info: Dans "Analyse des visions", conférence du 3 juin 1931

[ situation ] [ embarras ] [ silence ] [ saashi ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson