Citation
Catégorie
Tag – étiquette
Auteur
Info



nb max de mots
nb min de mots
trier par
Derniers ajouts !! cliquez sur GO. Dictionnaire analogique intriqué pour extraits. Recherche mots ou phrases tous azimuts.  Aussi outil de réflexion communautaire. EXEMPLES. Insérer une citationPunchlinesChainesHumourRéparties, etc. ATTENTION, faire un&n... Lire la suite >>
Résultat(s): 34
Temps de recherche: 0.1s

langage

J'ai désiré faire le bien mais je n'ai pas désiré faire du bruit, parce que j'ai senti que le bruit ne faisait pas de bien et que le bien ne faisait pas de bruit.

Les mots sont devenus dans les langues humaines ce que la pensée est devenue dans l’esprit des hommes. Ces mots sont devenus comme autant de morts qui enterrent des morts, et qui souvent même enterrent des vivants, ou ceux qui auraient le désir de l’être. Ainsi l’homme s’enterre-t-il lui-même journellement avec ses propres mots altérés qui ont perdu tout leur sens. Ainsi enterre-t-il journellement et continuellement la parole.

Auteur: Saint-Martin Louis-Claude de

Info:

[ trahison ] [ chiasme ] [ préjugés ] [ abrutissement ] [ prêt-à-penser ]

Commenter

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par Coli Masson

tableau

Un autre four fermé, lui, plissé serré, une des plus belles œuvres de Courbet, qu’on appelle pudiquement Torse, ou occulto-socialistement L’Origine du monde, et qui n’est ni un torse, ni rien du tout d’allégorique ni d’originaire puisque c’est un ventre de femme. Auquel il manque tout ce qu’il faut pour faire un être homologué : une tête, des bras et des jambes. Un ventre ouvert ? Non, ce sont les cuisses qui sont ouvertes. Sur un trou fermé. Trompeuses apparences des dédales… Cette œuvre presque clandestine de Courbet est en elle-même comme une contestation de ses propres positions politico-mystiques puisqu’il montre qu’une ouverture (celle des cuisses) ne conduit pas comme les initiations de tous genres veulent nous le faire croire à un débouché panoramique sur un océan de lumière mais sur rien d’autre qu’un trou clos. Deux lèvres bien charnues mais fort pincées. Babines verticales qui ne se desserrent pas sous le crêpelage roux descendant en charmilles de frisettes. Trois tronçons, celui du ventre et ceux des cuisses, emboîtés par le joint d’étanchéité du système de sécurité féminin, son jointoyage saillant et savant. Ce qui est peint, ce qui est exposé là en très, très gros plan, vraiment, c’est ce qui ne l’a jamais été jusqu’ici dans la peinture. Pour que l’éthique occultiste de l’Eros et tout le reste puissent continuer. L’occulte, comme généralement toutes les visions d’avenir radieux, vous dit que le trou est ouvert et vous mène à un monde. Courbet peint le contraire : le monde sous sa forme de corps de femme est ouvert mais mène à une fermeture de trou. C’est exactement l’inverse du message de tous les arcanes.

Auteur: Muray Philippe

Info: Dans "Le 19e siècle à travers les âges", pages 296-297

[ interprétation ] [ description ]

Commenter

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par Coli Masson
Mis dans la chaine

valeurs morales

Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie. Elles ont viré à la folie parce qu’on les a isolées les unes des autres et qu’elles errent indépendamment dans la solitude. Ainsi des scientifiques se passionnent-ils pour la vérité, et leur vérité est impitoyable. Ainsi des "humanitaires" ne se soucient-ils que de la pitié, mais leur pitié (je regrette de le dire) est souvent mensongère.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Orthodoxie (1908), trad. Lucien d’Azay, éd. Flammarion, collection Climats, 2010, p. 50

[ manque de discernement ] [ jugement individuel ] [ anarchie ]

Commenter

Ajouté à la BD par Coli Masson
Mis dans la chaine

capitalisme

Nous évoluons dans un espace entièrement
quadrillé, entièrement occupé, d’un
côté par le Spectacle, de l’autre par le
Biopouvoir. Et ce qu’il y a de terrible dans
ce quadrillage, dans cette occupation, c’est
que la soumission qu’ils exigent de nous
n’est rien contre quoi nous puissions nous
rebeller en un geste définitif de rupture,
mais avec quoi nous ne pouvons que composer
stratégiquement.
Le régime de pouvoir sous lequel nous vivons
ne ressemble en rien à celui qui a pu
avoir cours sous les monarchies administratives,
et dont le concept périmé est demeuré
jusqu’à une date récente, c’est-à-dire
au sein même des démocraties
biopolitiques, le seul ennemi reconnu par
les mouvements révolutionnaires : celui
d’un mécanisme d’entrave, de coercition
purement répressif.
La forme contemporaine de la domination
est au contraire essentiellement productive.
D’une part, elle régit toutes les manifestations
de notre existence – le Spectacle ;
de l’autre, elle gère les conditions de celle-ci
– le Biopouvoir.
Le Spectacle, c’est le pouvoir qui veut que
vous parliez, qui veut que vous soyez quelqu’un.
Le Biopouvoir, c’est le pouvoir bienveillant,
plein d’une sollicitude de pasteur pour son
troupeau, le pouvoir qui veut le salut de ses
sujets, le pouvoir qui veut que vous viviez.
Pris dans l’étau d’un contrôle à la fois totalisant
et individualisant, murés dans une
double contrainte qui nous anéantit dans le
mouvement même où elle nous fait exister,
le plus grand nombre d’entre nous adopte
une sorte de politique de la disparition :
feindre la mort intérieure et, comme le
Captif devant le Grand Inquisiteur, garder
le silence. En soustrayant et en se soustrayant
à toute positivité, ces spectres dérobent
à un pouvoir productif ce sur quoi
il pourrait s’exercer. Leur désir de ne pas
vivre est tout ce qu’ils ont la force d’opposer
à une puissance qui prétend les faire
vivre. Ce faisant, ils demeurent dans le
Bloom, souvent s’y enterrent.

Auteur: Tiqqun

Info: Tiqqun, Théorie du Bloom, P.33

Commenter

Ajouté à la BD par Bandini
Mis dans la chaine

solidarité

Les gens se déchirent entre eux quand ils se sentent en sécurité. Ils se chamaillent, se disputent et se bagarrent. Mais devant un ennemi commun, une menace extérieure, ils se serrent les coudes, et rien ne peut les séparer.

Auteur: Wellington David

Info:

[ communautaire ] [ danger ]

Commenter

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

action-réaction

On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l'enserrent.

Auteur: Brecht Bertolt

Info:

[ équilibre ] [ pression ] [ causes ]

Commenter

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par Coli Masson

rêve

Mais les rudiments de l'évolution ne sont pas forcément des structures comme l'appendice ou l'os caudal ; ils peuvent aussi prendre la forme de "processus". Ainsi peu de temps après la naissance, tous les nouveaux nés serrent naturellement leur minuscule poing autour du doigt qui s'offre à eux. Cette réponse universelle de saisie a du sauver leurs ancêtres primaires d'une chute mortelle en leur permettant de se tenir à la fourrure de leur mère ou à la branche la plus proche. De même, le sentiment de chute qui réveille parfois brutalement une personne en train de s'endormir est peut être une réponse psychologique héritée de l'époque de la vie arboricole.

Auteur: Margulis Lynn

Info: L'univers bactériel, L'homme égocentrique, p. 229

[ évolution ] [ spéculation ]

Commenter

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

histoire

3 septembre [1939]. – Strasbourg est vidée de ses habitants, à l’exception du maire, des fonctionnaires municipaux et d’une infrastructure de crise. Les chiens et les chats, abandonnés par ordre des autorités, errent dans les rues désertes. Quant aux animaux du zoo de l’Orangerie, ils sont abattus par la police. Huit mois durant, ce sera la "drôle de guerre", que les Allemands appellent la "Guerre assise" - Sitzkrieg.

Auteur: Pajak Frédéric

Info: Le manifeste incertain, tome 6, page 52

[ seconde guerre mondiale ] [ France ] [ ww2 ]

Commenter

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par Coli Masson

révolte

Pour la première fois dans l'histoire, il vous est possible à vous, d'errer, c'est-à-dire de refuser d'aimer votre inconscient, puisqu'enfin vous savez ce que c'est : un savoir, un savoir emmerdant.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Séance du 11 juin 1974 "Les non-dupes errent"

[ lucidité ] [ négation ]

Commenter

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par Coli Masson
Mis dans la chaine

saluer

Certaines femmes - mais surtout certains hommes - vous serrent la main avec force, mais l'on s'aperçoit immédiatement qu'on est dans la représentation. Ces personnes veulent faire comprendre qu'elles sont déterminées et franches, mais leur force ne relève que des muscles de leur main et de leur bras. Je veux dire : rien ne vient de l'intérieur. Certains peuvent même vous broyer les doigts, mais c'est comme s'ils faisaient du culturisme.
Quand elles vous serrent la main, d'autres personnes - elles sont rares - vous disent qu'il y a quelque chose derrière les muscles.

Auteur: Carofiglio Gianrico

Info: Témoin involontaire

[ poignée de main ]

Commenter

Commentaires: 0