Citation
Catégorie
Tag – étiquette
Auteur
Info



nb max de mots
nb min de mots
trier par
Derniers ajouts !! cliquez sur GO. Dictionnaire analogique intriqué pour extraits. Recherche mots ou phrases tous azimuts.  Aussi outil de réflexion communautaire. EXEMPLES. Insérer une citationPunchlinesChainesHumourRéparties, etc. ATTENTION, faire un&n... Lire la suite >>
Résultat(s): 12
Temps de recherche: 0.1662s

syndrome cognitif

Dans un de ses cours consacrés aux mécanismes cérébraux impliqués dans la lecture, Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France, citait cet extrait de Feu pâle, de Vladimir Nabokov : "Nous sommes absurdement accoutumés au miracle de quelques signes écrits capables de contenir une imagerie immortelle, des tours de pensée, des mondes nouveaux avec des personnes vivantes qui parlent, pleurent, rient. (…) Et si un jour nous allions nous réveiller, tous autant que nous sommes, et nous trouver dans l’impossibilité absolue de lire ?"

Comme c'est en général la règle dans les études de cas, on n'aura que ses initiales. Institutrice américaine de quarante ans, M. P. a eu la douleur de faire de l'hypothèse de Nabokov sa réalité. Racontée le 7 janvier dans la revue Neurology, son histoire commence un jeudi d'octobre 2012, en classe, devant ses jeunes élèves de maternelle. Comme tous les matins, l'enseignante doit faire l'appel. Mais à sa grande surprise, la liste de présence dont elle se sert tous les jours est couverte de signes mystérieux auxquels elle ne comprend goutte. Ainsi qu'elle se le rappelle, la feuille "aurait pu aussi bien être couverte de hiéroglyphes". Les notes qu'elle a préparées pour faire sa classe s'avèrent elles aussi incompréhensibles... M. P. rentre chez elle ce jeudi et, au cours des 48 heures qui suivent, elle éprouve de nouvelles difficultés : elle a du mal à trouver ses mots et sa réflexion est ralentie. Le samedi, sa mère l'emmène aux urgences.

C'est un accident vasculaire cérébral (AVC) qui a causé tout cela. M. P. ne s'est rendue compte de rien mais, dans son cerveau, une petite zone située dans la région occipito-temporale gauche s'est déconnectée et elle restera hors service toute sa vie. On la connaît sous le nom d'aire de la forme visuelle des mots (AFVM) et c'est elle qui est responsable de l'identification visuelle de l'écrit. Cette désactivation n'interrompt pas l'accès au reste des aires cérébrales impliquées dans le langage. M. P. comprend ce qu'on lui dit, parle normalement mais elle ne peut plus lire. En revanche, elle sait toujours écrire ! Les neuroscientifiques parlent d'alexie (incapacité à lire) sans agraphie (incapacité à écrire) ou bien d'alexie pure. Les cas sont très rares et le premier que la littérature scientifique recense est un cas français, décrit en 1892 par le neurologue Jules Dejerine.

M. P. croit d'abord que la zone lésée s'est juste remise à zéro et qu'avec les outils qu'elle connaît bien, elle va pouvoir réapprendre à lire. Et elle ne veut pas laisser sa passion pour les mots écrits s'envoler sans se battre. Mais la porte est fermée et pour de bon : M. P. ne peut pas faire du "b-a ba", tout simplement parce qu'elle ne "voit" ni les "b", ni les "a". Le message que ses yeux lui envoient à la vue des lettres arrive bien à son cerveau mais il ne passe pas la douane des mots. Toutefois, M. P. est tenace. Elle s'aperçoit qu'un autre sens que la vue peut venir à sa rescousse et c'est probablement ce qui fait la beauté de son cas, si l'on met de côté l'ironie cruelle qu'il y a à voir une spécialiste de l'apprentissage de la lecture frappée d'alexie.

Sa roue de secours, M. P. va la trouver dans... le geste. Ses yeux ne lui sont pas d'une grande aide mais sa main a encore la mémoire des lettres tracées. En voyant un mot, l'enseignante ne reconnaît pas la première de ses lettres. Alors, elle se met à dessiner avec le doigt toutes les lettres de l'alphabet, jusqu'à ce qu'elle arrive à celle dont elle voit la forme sans savoir le nom. L'exemple donné dans l'étude est celui du mot "mother" (mère en anglais). M. P. utilise son astuce pour les trois premières lettres, "m", "o" et "t", puis elle complète le mot d'elle-même. Les auteurs de l'article précisent d'ailleurs que, dans son travail de rééducation, M. P. a de vagues réminiscences à la vue de certains mots, des "émotions qui semblent appropriées". Ainsi, à la vue du mot "dessert", elle s'exclame : "Oh, j'aime ça !" En revanche, en voyant le mot "asperge", elle explique ne pas vouloir le déchiffrer car quelque chose en lui la dérange.

Malgré tous ses efforts, malgré la "béquille" qu'elle a trouvée pour déchiffrer, très laborieusement, quelques mots, M. P. ne relira plus jamais de manière automatique et fluide. Elle a dû abandonner son métier et travaille désormais à l'accueil d'un centre sportif. Lire une histoire aux enfants, comme elle le faisait dans sa classe, est la chose qui lui manque le plus, plus encore que dévorer un ouvrage pour elle-même. Et elle a l'intention d'écrire les mémoires d'une institutrice qui ne sait plus lire.

Auteur: Barthélémy Pierre

Info: 9 janvier 2014, sur son blog. Le cas décrit ici est très similaire à celui d'Howard Engel

[ altération mentale ]

Commenter

Ajouté à la BD par miguel

annales

Le monde des bibliothèques antiques forme un ensemble d'une très grande richesse, mais dont il ne subsiste plus que de rares épaves conservées par hasard. Ces institutions, tant en Mésopotamie qu'en Egypte, dans les cités grecques et dans l'empire romain, peuvent être qualifiées de "bibliothèques-mondes", dont le contenu ne peut jamais concerner qu'une minorité de la population (la majorité est analphabète et n'a pas accès au livre) et qui disparaissent avec la civilisation correspondante - avec leur "monde". La disparition et l'oubli sont tels qu'il faudra même après coup réinventer le déchiffrement d'écritures non seulement abandonnées, mais complètement tombées dans l'oubli - qu'il
s'agisse des hiéroglyphes ou du cunéiforme. (...)
Le plus frappant reste, pour l'historien des bibliothèques, que ce monde totalement disparu a pourtant constitué l'horizon rêvé des bibliothèques et de la culture livresque des siècles durant, que le Musée d'Alexandrie s'est imposé comme un véritable mythe, et que le modèle de sa bibliothèque perdure dans les fondations les plus contemporaines.

Auteur: Barbier Frédéric

Info: Histoire des bibliothèques: D'Alexandrie aux bibliothèques virtuelles, Conclusion

[ archives ] [ historique ]

Commenter

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

vieillir

Il leva les yeux et aperçut son reflet sur le verre fumé foncé de sa bibliothèque: des fils d’argent dans ses cheveux, des bouffissures sous les yeux, son front qui commençait à se rider... Jamais plus ces marques de l’âge ne s’effaceraient. Elles ne feraient que s’aggraver et proliférer, nouveaux hiéroglyphes d’une jeunesse perdue, inscrites d’une manière indélébile sur son visage et sur son corps avec le passage des années.

Auteur: Grimwood Ken

Info: Replay

[ dégradation ]

Commenter

Commentaires: 0

idéogrammes

Reflet des traditions, les hiéroglyphes continuent à reproduire des formes ayant disparu depuis des millénaires : ainsi le signe servant à écrire le mot "scribe" présente jusqu'à la fin de l'époque pharaonique une écritoire dont la forme était déjà abandonnée à l'époque des pyramides ! Au même titre que les statues et les reliefs, les hiéroglyphes avaient pour les Egyptiens une valeur magique. Ce sont des images conçues comme vivantes, et qui à ce titre peuvent se révéler dangereuses. Aussi sur les parois des tombes et des sarcophages, le scribe prend-il parfois la précaution de rendre inoffensifs les hiéroglyphes qui pourraient nuire au mort : l'artiste mutile ou larde de couteaux des signes évoquant les animaux féroces, des hommes armés. Parois il remplace ces signes inquiétants par d'autres, plus neutres.

Auteur: Boulanger Jean-Paul

Info: Naissance de l'écriture de Jean-Paul Boulanger, p. 136

[ symboles ] [ mauvaise conscience ]

Commenter

Commentaires: 0

idéogrammes

Les Chinois, dit M. Klaproth, ont aussi une manière phonétique d'écrire les noms propres, qu'ils entourent souvent d'une cartouche comme les égyptiens. La seule différence entre leur système phonétique et celui des bords du Nil, est que chez eux les caractères idéographiques employés phonétiquement ne deviennent pas des lettres alphabétiques, mais qu'elle représentent la syllabe entière qu'ils expriment dans leur usage ordinaire.

Auteur: Affre Denis-Auguste

Info: Nouvel essai sur les hiéroglyphes égyptiens, d'après la critique de M. Klaproth sur les travaux de M. Denis-Auguste Affre

[ asie ] [ graphèmes ] [ afrique ]

Commenter

Commentaires: 0

Mis dans la chaine

idéogrammes

Les signes avec lesquels écrivent les anciens Égyptiens s'appellent les hiéroglyphes, mot dérivant du grec qui signifie "image sacrée". C'est une écriture mystérieuse et secrète, inventée dans les temps les plus reculés. Les hiéroglyphes les plus anciens datent d'avant l'unification de l'Egypte par le pharaon Narmer, il y a plus de 5000 ans.

Auteur: Rossi Renzo

Info: La grande encyclopédie de l'écriture

[ historique ] [ évolution ] [ graphèmes ]

Commenter

Commentaires: 0

postérité

À l'inverse, on comprend pourquoi la traduction peut s'avérer, au plein sens du terme, la condition de survie d'une langue. Si la pierre de Rosette n'avait pas contenu la traduction d'un texte écrit en hiéroglyphes et en démotique (une version simplifiée des hiéroglyphes) dans une langue connue, le grec, Champollion ne serait pas parvenu à les déchiffrer, et la langue des pharaons demeurerait sans doute aussi impénétrable que celle des Étrusques. Une langue que l'on arrive plus à traduire est une langue morte, avant que la traduction ne la ressuscite.

Auteur: Oustinoff Michaël

Info: La traduction

[ transposition ]

Commenter

Commentaires: 0

centre

Dans les hiéroglyphes, écriture sacrée où souvent l'image de la chose représente le mot même qui la désigne, le coeur ne fut cependant figuré que par un emblème : le vase. Le coeur de l'homme n'est-il pas en effet le vase où sa vie s'élabore continuellement avec son sang ?

Auteur: Guénon René

Info: Symboles de la science sacrée

[ coeur ]

Commenter

Commentaires: 0

curiosité

Bien des gens sont encore pour moi de véritables hiéroglyphes. Je ne connais rien de plus beau que de lire la vie en déchiffrant les êtres.

Auteur: Hillesum Etty

Info:

[ rapports humains ]

Commenter

Commentaires: 0

vacherie

Avec Joyce, le lecteur a l'impression de courir un marathon encombré d'obstacles à chaque pas et aggravé d'un kilomètre de hiéroglyphes à déchiffrer. Joyce serait sans doute l'écrivain parfait, si le lecteur parfait existait.

Auteur: Koestler Arthur

Info: Le Cri d'Archimède

[ littérature ]

Commenter

Commentaires: 0