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vacuité

Il est doux de se croire malheureux, lorsqu'on n'est que vide et ennuyé.

Auteur: Musset Alfred de

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[ spleen ]

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Ajouté à la BD par GAIOTTINO

sentiments

Comment pourrait-on ne pas être malheureux, en craignant la mort ou la douleur, celle-ci souvent présente, celle-là toujours menaçante ? Et si, comme il arrive la plupart du temps, on craint aussi la pauvreté, le déshonneur, l’infamie, ou encore l’affaiblissement du corps et la perte de la vue, ou enfin (ce qui n’arrive pas seulement aux individus, mais souvent à des peuples très puissants) l’esclavage, peut-on être heureux avec de pareilles craintes ?

Auteur: Cicéron

Info: Le bonheur dépend de l'âme seule

[ peur ] [ trouble ] [ sort ] [ question ]

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Ajouté à la BD par Eric

dernières paroles

Léonie chérie

J'ai confié cette dernière lettre à des mains amies en espérant qu'elle t'arrive un jour afin que tu saches la vérité et parce que je veux aujourd'hui témoigner de l'horreur de cette guerre.

Quand nous sommes arrivés ici, la plaine était magnifique. Aujourd'hui, les rives de l'Aisne ressemblent au pays de la mort. La terre est bouleversée, brûlée. Le paysage n'est plus que champ de ruines. Nous sommes dans les tranchées de première ligne. En plus des balles, des bombes, des barbelés, c'est la guerre des mines avec la perspective de sauter à tout moment. Nous sommes sales, nos frusques sont en lambeaux. Nous pataugeons dans la boue, une boue de glaise, épaisse, collante dont il est impossible de se débarrasser. Les tranchées s'écroulent sous les obus et mettent à jour des corps, des ossements et des crânes, l'odeur est pestilentielle.

Tout manque : l'eau, les latrines, la soupe. Nous sommes mal ravitaillés, la galetouse est bien vide ! Un seul repas de nuit et qui arrive froid à cause de la longueur des boyaux à parcourir. Nous n'avons même plus de sèches pour nous réconforter parfois encore un peu de jus et une rasade de casse-pattes pour nous réchauffer.

Nous partons au combat l'épingle à chapeau au fusil. Il est difficile de se mouvoir, coiffés d'un casque en tôle d'acier lourd et incommode mais qui protège des ricochets et encombrés de tout l'attirail contre les gaz asphyxiants. Nous avons participé à des offensives à outrance qui ont toutes échoué sur des montagnes de cadavres. Ces incessants combats nous ont laissé exténués et désespérés. Les malheureux estropiés que le monde va regarder d'un air dédaigneux à leur retour, auront-ils seulement droit à la petite croix de guerre pour les dédommager d'un bras, d'une jambe en moins ? Cette guerre nous apparaît à tous comme une infâme et inutile boucherie.

Le 16 avril, le général Nivelle a lancé une nouvelle attaque au Chemin des Dames. Ce fut un échec, un désastre ! Partout des morts ! Lorsque j'avançais les sentiments n'existaient plus, la peur, l'amour, plus rien n'avait de sens. Il importait juste d'aller de l'avant, de courir, de tirer et partout les soldats tombaient en hurlant de douleur. Les pentes d'accès boisées, étaient rudes .Perdu dans le brouillard, le fusil à l'épaule j'errais, la sueur dégoulinant dans mon dos. Le champ de bataille me donnait la nausée. Un vrai charnier s'étendait à mes pieds. J'ai descendu la butte en enjambant les corps désarticulés, une haine terrible s'emparant de moi.

Cet assaut a semé le trouble chez tous les poilus et forcé notre désillusion. Depuis, on ne supporte plus les sacrifices inutiles, les mensonges de l'état major. Tous les combattants désespèrent de l'existence, beaucoup ont déserté et personne ne veut plus marcher. Des tracts circulent pour nous inciter à déposer les armes. La semaine dernière, le régiment entier n'a pas voulu sortir une nouvelle fois de la tranchée, nous avons refusé de continuer à attaquer mais pas de défendre.

Alors, nos officiers ont été chargés de nous juger. J'ai été condamné à passer en conseil de guerre exceptionnel, sans aucun recours possible. La sentence est tombée : je vais être fusillé pour l'exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d'obtempérer. En nous exécutant, nos supérieurs ont pour objectif d'aider les combattants à retrouver le goût de l'obéissance, je ne crois pas qu'ils y parviendront.

Comprendras-tu Léonie chérie que je ne suis pas coupable mais victime d'une justice expéditive ? Je vais finir dans la fosse commune des morts honteux, oubliés de l'histoire. Je ne mourrai pas au front mais les yeux bandés, à l'aube, agenouillé devant le peloton d'exécution. Je regrette tant ma Léonie la douleur et la honte que ma triste fin va t'infliger.

C'est si difficile de savoir que je ne te reverrai plus et que ma fille grandira sans moi. Concevoir cette enfant avant mon départ au combat était une si douce et si jolie folie mais aujourd'hui, vous laisser seules toutes les deux me brise le cœur. Je vous demande pardon mes anges de vous abandonner.

Promets-moi mon amour de taire à ma petite Jeanne les circonstances exactes de ma disparition. Dis-lui que son père est tombé en héros sur le champ de bataille, parle-lui de la bravoure et la vaillance des soldats et si un jour, la mémoire des poilus fusillés pour l'exemple est réhabilitée, mais je n'y crois guère, alors seulement, et si tu le juges nécessaire, montre-lui cette lettre.

Ne doutez jamais toutes les deux de mon honneur et de mon courage car la France nous a trahi et la France va nous sacrifier.

Promets-moi aussi ma douce Léonie, lorsque le temps aura lissé ta douleur, de ne pas renoncer à être heureuse, de continuer à sourire à la vie, ma mort sera ainsi moins cruelle. Je vous souhaite à toutes les deux, mes petites femmes, tout le bonheur que vous méritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cœur au bord des larmes. Vos merveilleux visages, gravés dans ma mémoire, seront mon dernier réconfort avant la fin.

Eugène ton mari qui t'aime tant.

Auteur: Anonyme

Info: Lettre d'un poilu à sa femme, Le 30 mai 1917

[ ww1 ]

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écriture

Lorsqu'on ne considère pas la littérature comme un gagne-pain, mais que l'on écrit de manière à en tirer du plaisir et à oublier pourquoi on écrit et pour qui on écrit, l'écriture devient indispensable, il est impossible de ne pas écrire et la littérature est inéluctable. La littérature est sans utilité, c'est justement une de ses caractéristiques intrinsèques. Que l'écriture littéraire devienne un métier est le résultat malheureux de la division du travail dans la société moderne, et pour l'écrivain, une conséquence extrêmement fâcheuse.

Auteur: Xingjian Gao

Info: La raison d'être de la littérature

[ plaisir ] [ occupation ] [ profession prison ]

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Ajouté à la BD par miguel

addiction

Le tabac est sa seule drogue depuis l’âge de dix-huit ans. Fumer est aussi important pour elle que dormir. Aux époques de sa pénible pauvreté à Berlin, elle préférait s’acheter avec ses derniers sous plutôt des cigarettes que du pain. Plutôt avoir faim mais fumer. Fumer lui donne en même temps le sentiment agréable de vivre dans le luxe. Fumer a aussi pour elle quelque chose à voir avec l’amour, bien qu’il lui soit difficile de définir exactement ce sentiment. Un amour malheureux ! Elle aspire la fumée dans ses poumons avec le profond désir d’en être remplie, tout entière pénétrée, et elle l’exhale et elle l’aspire depuis des années et des années sans étancher sa soif.

Auteur: Unica Zürn Nora Berta Ruth

Info: Dans "L'homme-jasmin", pages 202-203

[ symbolique ] [ idéal ] [ cigarette ] [ plaisir ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

normativité

L’homosexualité n’est pas un avantage, mais ce n’est pas non plus un sujet de honte, ce n’est ni un vice, ni un avilissement et on ne peut pas non plus la classer parmi les maladies, nous la considérons plutôt comme une variante de la fonction sexuelle, provoquée par un arrêt du développement sexuel [...]. C’est une grande injustice de persécuter l’homosexualité comme un crime et c’est également une grande cruauté [...]. Quand vous me demandez si je peux l’aider, je suppose que vous voulez savoir si je peux faire disparaître son homosexualité et le rendre hétérosexuel. La réponse est que, en règle générale, nous ne pouvons promettre d’y parvenir. Dans un certain nombre de cas, nous parvenons à développer les germes étiolés des tendances hétérosexuelles qui existent chez tout homosexuel, mais dans la majeure partie des cas, ce n’est plus possible [...]. Ce que l’analyse peut apporter à votre enfant est d’une autre nature. S’il est malheureux, névrosé, s’il est déchiré par ses conflits, ses inhibitions dans sa vie sociale, l’analyse peut l’aider à trouver l’harmonie, la tranquillité d’esprit, une pleine efficience, qu’il demeure homosexuel ou qu’il change.

Auteur: Freud Sigmund

Info: Lettre du 9 avril 1935

[ psychanalyse ] [ singularité ] [ guérison ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

existence

Les Trauses ont en général les coutumes du reste de la Thrace, mais voici comment ils se comportent devant la naissance et la mort : la famille du nouveau-né se rassemble autour de lui et se lamente sur les maux qu'il devra subir puisqu'il est né, en rappelant toutes les calamités qui frappent les malheureux mortels; mais le mort est mis en terre au milieu des plaisanteries et de l'allégresse générale, puisque disent-ils, il jouit désormais de la félicité la plus complète, à l'abri de tant de maux.

Auteur: Hérodote

Info: L'enquête, Livre 5, Les Thraces

[ souffrances ] [ mourir ] [ libération ]

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révolte

En ce temps les miracles et les saints semblaient vouloir disparaître. On croyait facilement que les âmes contemporaines manquaient de l’esprit de sacrifice. Les martyrs du siècle furent surtout d’obscurs citoyens hallucinés par le tintamarre des mots politiques, puis mitraillés impitoyablement en 1830, en 1848, en 1871 au bénéfice de certaines situations parlementaires que se préparaient ainsi des avocats violents et sournois ; et il y aurait même de l’imprudence à prétendre que nul vœu d’intérêt individuel n’engagea ces combattants malheureux à rechercher, eux-mêmes, les armes à la main, un profit électoral.
Les parades des Deux Chambres avec leurs scandales quotidiens, leurs syndicats de fabricants de sucre, de bouilleurs de cru, de vendeurs de bière, de faiseurs de vin, de courtiers en céréales et d’éleveurs de bestiaux nous révélèrent, à maintes reprises, les mobiles du suffrage universel. Il y eut Méline et Morelli, le sénateur Le Guay… Aussi toutes ces batailles de la chaussée parisienne, toutes les histoires de la rue Transnonain ou de Satory finiront-elles par nous paraître de simples querelles de marchands âpres à la concurrence.
Nos âmes sans complexité se fussent probablement déplues à suivre encore les jeux brusques de ces marionnettes ; et la politique eût été mise hors de notre préoccupation, si la légende du sacrifice, du don de la vie pour le bonheur humain n’eût subitement réapparu dans l’Époque avec le martyre de Ravachol.

Auteur: Paul Adam

Info: Entretiens Politiques et littéraires, Juillet 1892, 3e année, vol. V, N° 28, Repris dans Critique des Moeurs, Ollendorff, 1897

[ France ]

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alcool

[...] dans le whisky les lâches cherchent le courage, les faibles cherchent la force,les malheureux cherchent le bonheur, mais personne n'y trouvent autre chose que la ruine."

Auteur: Sankar

Info: Chowringhee, Gallimard, p.459

[ triade ] [ dénigré ]

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homme-animal

Mais quant au prétendu psychisme du malheureux animal [par exemple le chien de l’expérience de Pavlov], ça ne démontre absolument rien. Même les prétendus effets de névrose qu’on obtient ne sont pas des effets de névrose, pour une simple raison –c’est qu’ils ne sont pas analysables par la parole. L’intérêt majeur de ces réflexes conditionnés, c’est de nous apprendre ce que l’animal peut percevoir. […] En vérité, nous interrogeons l’animal sur notre perception à nous. […]
L’intérêt, finalement, peut être de révéler la question qui nous est posée par le fait que nous découvrons chez l’animal que les signifiants –qui sont les nôtres, puisque c’est nous, expérimentateurs, qui les échelonnons en perception- traduisent entre eux une sorte d’équivalence.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Le séminaire, livre XI : Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse

[ miroir ]

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