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écriture

Voilà ce qui se passe lorsque le discours de l'édition, défini et animé par le langage parlé et écrit, est abordé en recourant exactement au même vocabulaire et à la même syntaxe que toute industrie de production de gadgets. Les livres sont reformulés en tant que "produits" - comme les tournevis, les bombes anti-puces ou le savon - et la majorité des écrivains sont perçus comme des dactylos ayant une mauvaise attitude.

Auteur: Elgin Suzette Haden

Info:

[ consumérisme ] [ normalisation ]

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Ajouté à la BD par miguel

scolarisation

En fait, au cours de ces dernières années, on a continuellement fait pression que pour les budgets nationaux et les investissements privés prévoient des subventions plus importantes à l’éducation. Mais, lorsque nous considérons les résultats, nous voyons que l’enseignement s’est contenté de lancer une étroite passerelle au-dessus d’un fossé sans cesse élargi. De plus, en légitimant cette unique voie de passage qui permette d’accéder à la classe moyenne, l’école restreint la possibilité d’emprunter des voies de traverse et, surtout, elle rend personnellement responsable celui qui n’a pas scolairement réussi lorsqu’il est tenu socialement à l’écart.

Auteur: Illich Ivan

Info: Dans "Libérer l'avenir" page 106

[ normalisation ] [ inégalités socio-économiques ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

répression des instincts

Je considère depuis longtemps la psychanalyse comme le grand effort final pour asservir et contrôler la nature animale foncière de l’homme.

Auteur: Lowen Alexander

Info: Dans "La dépression nerveuse et le corps", page 247

[ critique ] [ normalisation ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

progrès technologique

Voyez les cuisines. Actuellement on parle beaucoup de cuisines intelligentes ou augmentées. Et que font elles vraiment ? Elles contrôlent ce qui se passe. Elles ont des caméras qui distinguent les ingrédients les uns des autres et vous indiquent qu'il ne faut pas mélanger celui-ci avec celui-la.

Auteur: Morozov Evgeny

Info: "Op-Ed: There's An App For Everything, And That's A Problem". Interview with Ari Shapiro, www.npr.org. March 4, 2013.

[ flicage domotique ] [ normalisation ]

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Ajouté à la BD par miguel

décadence

L’âge de l’Antéchrist offre cette caractéristique que l’esprit s’y change en non-esprit et que l’archétype dispensateur de vie dégénère progressivement en rationalisme, en intellectualisme, en doctrinarisme, ce qui conduit par voie de conséquence à la tragédie de l’époque moderne suspendue, d’une façon presque tangible, au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès.

Auteur: Jung Carl Gustav

Info: Aïon, page 99

[ désillusion ] [ machinisme ] [ normalisation ] [ technologie ] [ progrès ]

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adolescence

On lisait parfois mes rédactions en classe, car j'avais vite appris le mensonge et la nécessité d'une rouerie intelligente... "Et le soleil se jouait dans les grands arbres roux". De ces phrases entières - les pompeuses métaphores dont ils semblaient friands - je chargeai ma mémoire pour une heure afin de flatter la gourmandise qu'ils avaient d'eux-mêmes. J'écrivais exactement comme on avait envie que j'écrive.

Mais un jour j'osai écrire à propose du lavoir de village qu'il régnait autour de lui une "certaine" odeur de lessive... Je savais pour ma part très exactement ce que portait "certaine", un trouble, c'était déjà la sensation d'une odeur qui vous renverse érotiquement, le mélange des brumes froides de l'Est et d'une tiédeur ensavonnée, dont l'institutrice immédiatement me castra en m'accusant d'incorrection. Anodin-vitriol. Je m'étranglai sous leur désir.

Auteur: Bing Élisabeth

Info: Et je nageai jusqu'à la page : Vers un atelier d'écriture

[ sexualité ] [ éveil ] [ écriture ] [ normalisation ]

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effort

La faute d'orthographe est par excellence le support - ou, plutôt le suppôt - de la norme. Damnation, exclusion de celui à qui l'orthographe n'est pas naturelle...

J'ai observé qu'étrangement les enfants qui s'étaient laissé imposer l'orthographe sans grincement et sans stridence, tout naturellement, composèrent des textes moins fatigants, certes, mais moins écorchés de vérité, moins intéressants souvent que ceux dont l'orthographe était plus personnelle! Une lutte dans ce domaine leur ayant été épargnée, il fallut, pour les trouver, déconditionner leur satisfaction. N'ayant pas souffert d'un problème d'écriture de façon assez cuisante, ils n'avaient pas pris conscience de la difficulté d'écrire et écrivaient facilement. Ils se trouvaient également enfermés dans les métaphores prêtées par le style adulte beaucoup plus régulièrement que leurs confrères les révoltés. Cela coulait de source, coulait en effet dans les lits de rivières tracés d'avance.

Auteur: Bing Élisabeth

Info: Et je nageai jusqu'à la page : Vers un atelier d'écriture

[ créativité ] [ dépassement ] [ normalisation ]

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langage

La structure grammaticale constitue pour [Wittgenstein] ce qu’il identifie au monde. La structure grammaticale, voilà ce qui est le monde.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Le séminaire, livre XVII : L'envers de la psychanalyse

[ spécificité ] [ filtre ] [ grille de lecture ] [ normalisation ] [ transmutation ]

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Internet

La vie privée devient un luxe (…) en attendant d'être une anomalie.

Auteur: Lax

Info: Un certain Cervantès

[ gafam ] [ big brother ] [ normalisation ]

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question

Stephen Paddock, le papy du futur ?
La tuerie de Las Vegas préfigure peut-être une nouvelle criminalité, celle des vieux et des malades qui n’ont rien à perdre dans une société du tout juridique où la morale n’a plus d’effet.
Stephen Craig Paddock, le tueur de Las Vegas, était trop vieux, trop riche, trop indifférent à la religion, à la politique - et même aux armes à feu - pour que son geste soit intelligible selon les grilles d’interprétation ordinaires. Et loin d’être un fou ou un être isolé, il était "normal", il avait une famille et une fiancée. Il n’avait d’ailleurs pas le moindre antécédent judiciaire. Angoissée par cette absence de sens, la presse chercha dans ses gènes l’explication de son massacre : son père avait été un gangster. Mais cette hypothèse loufoque ne satisfit personne. On prêta très peu d’attention au fait qu’il choisit de tuer des jeunes gens qui écoutaient un concert de musique country, celle que l’affreux retraité adorait. Des jeunes, donc, auxquels il aurait pu s’identifier. Comme si, au crépuscule de sa vie, il regrettait tant de quitter ses joies et ses délices qu’il en devint hargneux et envieux au point de vouloir éliminer ceux qui avaient devant eux de longues décennies pour en profiter.
Peut-être avait-il choisi d’en finir avec sa propre existence, ne supportant pas la vieillesse ou une maladie grave. Mais avant, Paddock voulait assouvir sa haine envers les jeunes bienheureux.
Cette hypothèse serait terrifiante si on la prenait non pas comme l’explication de l’acte isolé d’un homme mais comme une nouvelle manière d’appréhender nos rapports aux normes. En effet, que se passerait-il si la seule contrainte que nous ressentions était celle de la loi, si nous nous détachions complètement de celle de la morale ? Celle-ci était la grande obsession de la romancière américaine Patricia Highsmith. Dans son roman Ripley s’amuse, elle avait imaginé les comportements d’un homme, au bord de la mort, à qui l’on proposait de tuer pour sauver sa famille de la misère.
Bien sûr, la plupart de ceux qui arrivent à la fin de leur vie ne commettent pas des actes aussi graves, même si ces derniers restent impunis, parce que des contraintes morales les en empêchent justement.
Mais notre société ne cesse de saper ce rapport que nous entretenons avec la morale.
Depuis quelques décennies, l’Etat cherche à régler l’ensemble de nos comportements, ceux qui atteignent les autres, mais aussi ceux qui ne portent atteinte qu’à nous-mêmes, et cela commence de plus en plus tôt dans la vie. Il est vrai que les instances dites intermédiaires, comme la famille, l’école ou le travail, sont si fragilisées qu’elles peinent à imposer des normes. Désormais, ces institutions semblent incapables de fonctionner sans que les comportements, y compris les plus anodins, soient réglés par le droit. Ce nouveau travers de nos sociétés n’a-t-il pas comme conséquence l’incroyable cynisme que l’on peut attribuer à Paddock ? Ce travers permet, en effet, d’éviter les comportements antisociaux les plus graves, seulement si l’on risque d’être pris et puni.
Dans un tel monde, le groupe le plus redouté serait celui constitué par les personnes très âgées ou très malades, celles qui n’ont plus rien à perdre, et non plus par les jeunes. Complètement indifférentes à leur réputation post-mortem, elles formeraient des bandes se livrant aux pires turpitudes et suscitant la peur autour d’elles. Leur cynisme sera tel qu’elles devront être l’objet d’une surveillance constante et envahissante.
Des dispositifs techniques de contrôle viendront combler l’absence de sentiment de culpabilité des citoyens, celui-ci n’étant plus intérieur mais extérieur. Sauf à faire marche arrière sur cette bêtise qu’est le tout juridique, sauf à redonner du pouvoir aux instances intermédiaires, lesquelles devront être repensées à leur tour.
Mais quels efforts ne serions-nous pas prêts à faire pour éviter que des tueries comme celles de Sin City (Frank Miller et Robert Rodriguez, 2005), la ville du vice et du péché, ne deviennent aussi banales que les divorces ou les vols ? Pour empêcher que des salauds comme Paddock ne deviennent demain le type le plus courant du papy.

Auteur: Iacub Marcela

Info: Le nouvel observateur, 6 octobre 2017, 18:56

[ normalisation ] [ désenchantement ] [ tueur de masse ] [ amoralité ]

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