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miroir

Mais le double n'est jamais une projection de l'intérieur, c'est au contraire une intériorisation du dehors. Ce n'est pas un dédoublement de l'Un, c'est un redoublement de l'Autre. Ce n'est pas une reproduction du Même, c'est une répétition du Différent. Ce n'est pas l'émanation d'un JE, c'est la mise en immanence d'un toujours autre ou d'un Non-moi. Ce n'est jamais l'autre qui est un double, dans le redoublement, c'est moi qui me vis comme le double de l'autre : je ne me rencontre pas à l'extérieur, je trouve l'autre en moi.

Auteur: Michaux Henri

Info: Qui je fus, précédé de : Les Rêves et La Jambe et de : Fables des origines

[ solitude ] [ rapports humains ]

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désespoir

C'était elle, je commençais à le croire, qui ramenait l'hiver sur Paris. L'amour est glacial, comme l'enfer, à ce qu'on dit. Dur et inflexible. Surtout lorsqu'il n'est pas partagé (et l'amour, le vrai, n'est JAMAIS partagé). Il fallait continuer à avancer, dans ce désert, sans attendre le moindre encouragement, sans espérer le moindre répit. De toute manière, je n'étais nullement décidé à renoncer : on ne s'arrête pas en route pour un oui ou pour un non si l'on a décidé d'explorer vraiment la région des glaces, on ne revient pas en arrière.

Auteur: Martinet Jean-Pierre

Info: Jérôme : L'enfance de Jérôme Bauche

[ solitude ] [ rage ]

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libertinage

Une fois de plus, pendant ce trajet, se regardant lui-même rouler ainsi, se voyant aller dans la nuit de Naïma à Bérénice, il se dit que c’était ça qu’il aimait, rien que ça précisément, ce trajet, ça qu’il avait toujours aimé, qu’il aimerait toujours, à jamais, et plus encore que Bérénice, et plus encore que Naïma, d’abord ce trajet, de l’une à l’autre, aller de Naïma à Bérénice, aller de Bérénice à Naïma. Il se dit que c’était cette route seulement, entre ces deux-là, entre d’autres, qui avait rendu son existence un tant soit peu habitable, vaguement jouable, vaguement supportable.

Auteur: Muray Philippe

Info: Dans "On ferme !" page 696

[ consolation ] [ solitude ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

accélération

Je suis salarié, je suis locataire, je n’ai rien à transmettre à mon fils. Je n’ai aucun métier à lui apprendre, je ne sais même pas ce qu’il pourra faire plus tard ; les règles que j’ai connues ne seront de toute façon plus valables pour lui, il vivra dans un autre univers. Accepter l’idéologie du changement continuel, c’est accepter que la vie d’un homme soit strictement réduite à son existence individuelle, et que les générations passées et futures n’aient plus aucune importance à ses yeux. C’est ainsi que nous vivons, et avoir un enfant, aujourd’hui, n’a plus aucun sens pour un homme.

Auteur: Houellebecq Michel

Info: Dans "Les particules élémentaires", page 210

[ désenracinement ] [ solitude ] [ individualisme ] [ perte de sens ] [ évolution ] [ pessimisme ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

retour

A quinze ans je pars aux guerres,
Je n'en reviens qu'à quatre-vingts,
Sur le chemin quelqu'un de mon village.
- Que reste-il encore chez moi ?

- Voilà là-bas ta maison,
Les sapins et toutes les tombes.
Les lapins entrent par le trou du chien,
Les faisans s'envolent des poutres,
Le riz sauvage croit dans la cour,
Les mauves croissent près du puits.

Je pile du riz pour le faire cuire,
Je cueille des mauves pour en faire un bouillon.
Riz et bouillon sont bientôt prêts.
Mais avec qui les partager ?
Je franchis la porte et regarde vers l'Est,
Les pleurs trempent mon habit.

Auteur: Guillermaz Patricia

Info: La poésie chinoise : Des origines à la révolution, Anonyme, Dynastie Han 206 à 219 av J.C.

[ solitude ] [ chagrin ]

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misanthropie

La moindre obligation sociale me lasse avant même que j’y sacrifie et m’irrite si elle s’éternise. À peine suis-je en société que le vide me manque. Rien ne m’est plus insupportable que la présence de bonshommes et de bonnes femmes pétant d’optimisme et embesognés à "avancer dans la vie" alors que, au bout de leur trajectoire, leur tombe, déjà ouverte, les attend. Tout devient prétexte à les fuir et, pour me soustraire à l’effervescence générale, à multiplier les pauses: pause amour, pause rêverie, pause sieste, pause soleil, et, au cours de ses pauses, encore des pauses où je tente d’atteindre à la totale immobilité.

Auteur: Schiffter Frédéric

Info: Dans "Philosophie sentimentale"

[ solitude ] [ paresse ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

heimatlos

Allé voir au dehors la vie d'un dimanche d'hiver. Il faisait froid et beau, et tout était calme, serein. La ville entière semblait s'étirer langoureusement sur un canapé confortable et cotonneux. J'ai décidé de prendre le bus pour aller jusqu'au port, voir la mer. La mer et son absence d'obstacle. J'ai longtemps marché le long des jetées. Bruits de filins s'entrechoquant et rires d'enfants. Cris des mouettes et souffle du vent. Molesse du sable, caresse du soleil. Mais rien de tout ça ne voulait m'envelopper. Je restais désespérément extérieur à tout ce qui m'entourait. Comme blindé au mal de vivre, clôturé de solitude, carapace d'une vie sans horizons.

Auteur: Kris Goret Christophe

Info: Les ensembles contraires : Première partie

[ perdu ] [ océan ] [ solitude ]

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obscurité

Malheureux celui auquel les souvenirs d'enfance n'apportent que crainte et tristesse. Misérable celui dont la mémoire est peuplée d'heures passées dans de vastes pièces solitaires et lugubres aux tentures brunâtres et aux alignements obsédants de livres antiques, et de longues veilles angoissées dans des bois crépusculaires composés d'arbres absurdes et gigantesques, chargés de lianes, qui, en silence, poussent toujours plus haut leurs bras sinueux. Tel est le lot que les dieux m'ont accordé à moi, l'étonné, le banni, le déçu, le brisé. Et pourtant je me sens étrangement satisfait et m'accroche farouchement à ces souvenirs flétris lorsque mon esprit, pour un moment, menace d'aller au-delà, chercher ce qui est autre.

Auteur: Lovecraft Howard Phillips

Info: Je suis d'ailleurs

[ solitude ] [ imagination ] [ peur ]

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peur

Il peut être angoissant, à de certaines heures, d'avoir à supporter le poids de sa propre existence, le fardeau de sa vision personnelle. Alors, on sait que l'on est seul, seul devant sa liberté : espace effrayant, image de cauchemar. "Être seul pour être soi". Et l'on cherche fébrilement à se décharger de son effroi... dans une croyance, quelle qu'elle soit. L'on reprend pied comme l'on peut, avec un estomac qui digère bien, un voyage pittoresque, une fille à baiser, un livre à écrire ou un dieu à adorer. C'est qu'il n'est de liberté humaine qu'incarnée, et qu'il faut bien qu'une figure, n'importe quelle figure, réponde à notre attente angoissée.

Auteur: La Soudière Vincent

Info: C'est à la nuit de briser la nuit : Tome 1, Lettres à Didier, 1964-1974, p 217

[ thérapie ] [ compagnie ] [ solitude ]

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mort

Elle était tombée là, insensible, immobile. Ses muscles détendus, ses nerfs, ses os, s'apprêtaient à pourrir et à offrir une pâture succulente aux vers et aux rats des entrailles de la terre. Et moi, il me faudrait passer une nuit longue, obscure, froide, sans fin en compagnie d'un cadavre, de son cadavre, dans cette chambre de pauvre, emplie de misère, dans cette chambre pareille à un tombeau, parmi les ténèbres éternelles qui m'entouraient et qui s'étaient infiltrées jusque dans les murs. Alors il me sembla que, dès le principe du monde, depuis que j'existais moi-même, j'avais eu pour compagnon, dans la chambre ténébreuse, un cadavre - un cadavre inerte et glacé.

Auteur: Hedayat Sadegh

Info: La Chouette aveugle, p.49

[ solitude ]

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