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rencontre

à Marine

Je traversais la vie en savates. En seconde classe en attendant un petit frétillement. J'avais quitté la salle d'attente des grands espérances depuis longtemps. Et voilà que tu débarques et résous l'énigme de mon existence.

Auteur: Anonyme

Info: Rapporté sur Babelio par aleatoirel (pseudo), glané dans une rame du métro parisien, ligne 6, entre la Nation et l'Etoile

[ graffiti ] [ déclaration d'amour ]

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citoyens

La masse des hommes sert ainsi l’État, non point en humains, mais en machines avec leur corps. C’est eux l’armée permanente, et la milice, les geôliers, les gendarmes, la force publique, etc. La plupart du temps sans exercer du tout leur libre jugement ou leur sens moral ; au contraire, ils se ravalent au niveau du bois, de la terre et des pierres et on doit pouvoir fabriquer de ces automates qui rendront le même service. Ceux-là ne commandent pas plus le respect qu’un bonhomme de paille ou une motte de terre. Ils ont la même valeur marchande que des chevaux et des chiens. Et pourtant on les tient généralement pour de bons citoyens. D’autres, comme la plupart des législateurs, des politiciens, des juristes, des ministres et des fonctionnaires, servent surtout l’État avec leur intellect et, comme ils font rarement de distinctions morales, il arrive que sans le vouloir, ils servent le Démon aussi bien que Dieu. Une élite, les héros, les patriotes, les martyrs, les réformateurs au sens noble du terme, et des hommes, mettent aussi leur conscience au service de l’État et en viennent forcément, pour la plupart à lui résister. Ils sont couramment traités par lui en ennemis.

Auteur: Thoreau Henry David

Info: La Désobéissance civile (1849)

[ fonctionnaires ] [ innovateurs ] [ hérétiques ]

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femmes-par-femme

Demande aux femmes de mon temps,
Bagnardes, "cent-cinq", prisonnières,
Et nous te raconterons tout :
Que la peur nous abrutissait,
Que nous élevions des enfants,
Pour la prison, la torture et la mort.

Pinçant nos lèvres bleuies,
Hécubes devenues folles,
Cassandres de Tchoukhloma
Portant des couronnes de honte,
Nous serons un chœur de silence :
" Au-delà de l'enfer, il y a nous. "

Auteur: Akhmatova Anna

Info: Requiem : Poème sans héros et autres poèmes. Poème sans héros, deuxième partie (strophes 24 & 25).

[ héroïnes anonymes ] [ stoïcisme ]

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transmissions

Qu'est-ce que communiquer ?
La vallée communique avec la plaine ; le château avec le bois par un souterrain, etc.
Nous ne vivons partageant le temps qu'avec très peu ; avec les autres nous "communiquons" : échangeant des symboles, comme ils ont toujours dit, dont quelques-uns sont en langage ; à la place de l'impossibilité de vivre ensemble : résumés, abstraits, échangés par des dons.

Auteur: Deguy Michel

Info: Réponse à l'enquête "Wozu ? - A quoi bon des poètes en un temps de manque ?" - éd. Le Soleil Noir, p. 48

[ poésie ] [ ersatz ] [ commerce ] [ rapports humains ]

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greyhounds

C'était un homme svelte, comme tous les Recsky qui passent la majeure partie de leur vie à cheval à faire courir leurs lévriers. D'ailleurs à présent également, une levrette le suivait en s'étirant alors qu'il sortait dans la cour. Il est tout aussi impossible d'imaginer un véritable Recsky sans lévrier qu'un curé sans gouvernante. Le nom de Recsky est inscris dans la mémoire des amateurs de lévriers comme s'il y avait déjà eu un Recsky au paradis, au temps d'Adam et d'Eve: si la Bible omet de le mentionner, c'est parce que au moment de la création du monde, il faisait courir ses chiens.

Auteur: Krúdy Gyula

Info: L'affaire Eszter Solymosi, p.157

[ de toute éternité ]

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conter fleurette

C'est le printemps viens-t'en Pâquette 
Te promener au bois joli 
Les poules dans la cour caquètent 
L'aube au ciel fait de roses plis 
L'amour chemine à ta conquête 
Mars et Vénus sont revenus 
Ils s'embrassent à bouches folles 
Devant des sites ingénus 
Où sous les roses qui feuillolent 
De beaux dieux roses dansent nus 
Viens ma tendresse est la régente 
De la floraison qui paraît 
La nature est belle et touchante 
Pan sifflote dans la forêt 
Les grenouilles humides chantent

Auteur: Apollinaire Guillaume

Info: "Aubade chantée à Laetare l'an passé", dans "La Chanson du mal-aimé"

[ saison des amours ] [ bucolique ] [ mythologie ]

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refonte

Plis roses de l'aube,
floraison dans la forêt -
grenouilles qui chantent

Auteur: Apollinaire Guillaume

Info: A partir de l' "aubade chantée à Laetare l'an passé", de La Chanson du mal-aimé

[ haïku ] [ printemps ] [ bucolique ] [ aurore ]

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double

Une fois par an, au printemps, le capitaine Luiso Ferrauto change de peau ; il émerge de sa vieille peau tout brillant et rose comme un nouveau-né, mais quelques heures plus tard la nouvelle peau reprend son teint habituel, qui est mat, tandis que les cheveux, disparus avec le scalp du crâne, repoussent eux aussi rapidement, comme il convient à un officier de la Sécurité Publique. Sa femme, qui est attachée à lui d'un amour inaccoutumé par les temps qui courent, a l'habitude de conserver ces peaux usées de son mari et de les remplir de mousse synthétique de couleur chair, de façon à en faire une sorte de mannequin assez présentable, bien cousu et rembourré, vêtu de l'uniforme. Dans le garage, elle en a désormais rassemblé une quinzaine : autant d'officiers de police, si semblables à son mari qu'il est réjouissant de les voir tous ensemble, si dignes, si droits, si imperméables à la corruption. Madame a fait installer un appareil stéréo dans le garage et lorsque le capitaine est hors de la maison pour raison de service, elle descend faire écouter à ses ex-maris les meilleures pages de la lyrique mondiale. Ravis, extatiques, les quinze policiers écoutent, immobiles, la mort de Desdémone, le meurtre mérité de Scarpia, la dispute finale entre Carmen et Don José, autant de délits qui exigent l'arrestation immédiate du coupable, autant de faits de sang et de violence tels qu'ils en ont vu maintes fois dans leur carrière. Comme ces grands poupons faits de peau policière sont produits une fois par an et chacun à un âge plus avancé que le précédent, ils présentent une caractéristique insolite : des quinze, le plus jeune est aussi le plus vieux.

Auteur: Wilcock Juan Rodolfo

Info: In "Le livre des monstres", éd. Arbre Vengeur, p. 33-34 - il obtint la nationalité italienne à la fin de sa vie, mais naquit argentin

[ temps ] [ vestiges ] [ un-multiple ] [ opéra ] [ mue ]

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temps

A bien y penser, les horloges sont un genre littéraire. Elles portent sur elles les signes écrits du possible qu'on peut lire aussi dans les vieux édifices désertés. Elles feuillettent notre vie, où elles marquent avec la même indifférence tranquille l'heure de notre naissance, de nos premières amours, de la guerre et de la mort. Mais s'il est vrai que les horloges appartiennent à la littérature, il est tout aussi vrai que nous sommes la littérature des horloges. Je les soupçonne de ne pas croire à notre existence, de nous prendre pour de simples "personnages", dont peut-être elles parlent, la nuit ; pour des livres dont elles se font les unes aux autres des comptes rendus, que l'une conseille parfois à l'autre de lire.

Auteur: Manganelli Giorgio

Info: In "Discours de l'ombre et du blason", éd. du Seuil, p. 11

[ fiction ] [ renversement de perspectives ] [ cadrans ] [ marqueurs ]

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animal chimérique

Le domaine du "Squonk" est très limité. En dehors de la Pennsylvanie, peu de gens ont entendu parler de lui, bien qu'on dise qu'il soit assez commun dans les champs de ciguë de cet Etat. Le "Squonk" est très sauvage ; généralement il voyage à l'heure du crépuscule. Sa peau, qui est couverte de verrues et de grains de beauté, ne lui sied pas bien ; les connaisseurs les plus avertis déclarent qu'il est le plus malheureux de tous les animaux. Suivre sa piste est facile, car il pleure tout le temps et il laisse une trace de larmes. Quand on le traque et qu'il ne peut pas fuir ou quand on le surprend et qu'on lui fait peur, il fond en larmes. Les chasseurs de "Squonks" ont plus de succès les nuits de froid et de lune, alors que les larmes tombent lentement et que l'animal n'aime pas bouger ; ses pleurs s'entendent sous les branches des obscurs arbustes de ciguë.
M.J.P. Wentling, ancien habitant de Pennsylvanie, maintenant établi à St. Anthony Park, Minnesota, eut une triste expérience avec un "Squonk" près de Monte Alto. Il avait imité les pleurs du "Squonk" et il l'avait amené à se fourrer dans un sac qu'il rapportait chez lui, quand tout à coup le poids s'allégea et les pleurs cessèrent. Wentling ouvrit le sac ; il ne restait que des larmes et des bulles.
WILLIAM T. COX,
Fearsome Creatures of the Lumberwoods,
Washington, 1910

Auteur: Borges Jorge Luis

Info: In "Le livre des êtres imaginaires", L'imaginaire/Gallimard, p. 207-208 - ce récit est présenté par Borgès comme n'étant pas de lui, mais d'un certain "william t. fox", référence qui semble d'ailleurs fondée...

[ métamorphose ] [ pathétique ] [ citation ]

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