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Somme lexicographique intriquée trans-langues, subjective, développée par la grâce d'Internet et des outils de traductions afférents.

Auteur: Mg

Info: 14 juillet 2019

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Ajouté à la BD par miguel

cours naturel de la vie

Je me mis donc à fréquenter des croyants pauvres, des gens simples, analphabètes, des pèlerins, des moines, des vieux-croyants, des paysans. Ces gens du peuple confessaient la foi chrétienne, tout comme les pseudo-croyants de notre milieu. Un grand nombre de superstitions étaient mêlées aux vérités chrétiennes, mais à la différence des gens de notre milieu, dont les superstitions ne leur servaient à rien, ne s'accordaient pas à leur vie, n'étaient qu'une sorte d'amusement épicurien, celles des croyants issus du peuple travailleur étaient tellement liées à leur vie qu'on ne pouvait imaginer leur vie sans ces superstitions, celles-ci étaient une condition nécessaire de leur vie. Toute la vie des croyants de notre milieu était en contradiction avec leur foi, tandis que toute la vie des croyants travailleurs confirmait le sens de la vie que leur apportait la connaissance de leur foi. Je me mis à regarder de plus près la vie et les croyances de ces gens, et plus je les sondais, plus je voyais qu'ils avaient la vraie foi, nécessaire pour eux, et qu'elle seule leur donnait le sens et la possibilité de la vie. A la différence de ce que je voyais dans notre milieu, où il est possible de vivre sans foi et où il est rare qu'une personne sur mille se reconnaisse comme croyante, dans leur milieu à eux, on s'étonne de rencontrer un non-croyant sur mille personnes. Contrairement à ce que je voyais dans notre milieu où toute la vie se déroule dans l'oisiveté, dans des distractions, et où l'on est mécontent de la vie, je vis que toute la vie de ces gens était faite de pénible labeur, et qu'ils étaient heureux de vivre. A la différence de l'indignation qu'éprouvent les gens de notre milieu contre leur sort pour les privations et les souffrances que celui-ci leur inflige, ces gens-là accueillaient les maladies et les malheurs sans la moindre plainte ni révolte, mais avec une tranquille et ferme certitude que tout cela est un bien. Nous autres, plus nous sommes intelligents, et moins nous comprenons le sens de la vie, et plus la maladie et la mort nous apparaissent comme une cruelle moquerie, tandis que ces gens, eux, vivent, souffrent et s'approchent de la mort, et souffrent encore avec calme, la plupart du temps avec joie. Si une mort sereine, une mort sans terreur ni désespoir est une rare exception dans notre milieu, il est exceptionnel de voir, dans le peuple, une mort accompagnée d'angoisse, de révolte, d'affliction. Et ils sont extrêmement nombreux, ces gens privés de tout ce que Salomon et moi-même nous considérons comme l'unique bien de la vie, et qui sont malgré cela pleinement heureux. Je regardai plus loin autour de moi. Je sondai la vie d'immenses masses humaines, aujourd'hui et dans le passé. J'en vis donc qui avaient compris le sens de la vie, qui avaient su vivre et mourir, ils n'étaient pas deux, ni trois, ni dix, mais des centaines, des milliers, des millions. Et à la différence de mon ignorance à moi, tous, quels que fussent le caractère, leur intelligence, leur éducation, leur situation, ils connaissaient le sens de la vie et de la mort, ils travaillaient tranquillement, supportaient les privations et les souffrances, vivaient et mouraient, en voyant non pas de la vanité, mais un bien. Je finis par aimer ces gens. Plus je sondais leur vie, celle des vivants et celle des morts dont j'avais entendu parler ou que je connaissais par mes lectures, plus je les aimais, et plus ma vie à moi me semblait facile. Au bout de deux années de cette vie, je connus un bouleversement qui se préparait en moi depuis longtemps et dont les prémices m'habitaient depuis toujours. Il arriva que la vie de notre milieu, des gens riches et savants me parut non seulement dégoûtante, mais elle perdit pour moi tout son sens. Tous nos actes, nos raisonnements, nos sciences, nos arts, tout m'apparut sous un jour nouveau. Je compris que tout cela n'était que jeu, et que ce n'était pas là qu'il fallait chercher du sens. En revanche, la vie de tout le peuple travailleur, de toute l'humanité, occupée à créer la vie, m'apparut sous son jour véritable. Je compris que c'était la vie à l'état pur, et que le sens donné à cette vie était la vérité même, et je l'acceptai.

Auteur: Tolstoï Léon

Info: Confession, traduction Luba Jurgenson, Pygmalion, p. 81 à 84.

[ simplicité ] [ s'écouler ] [ sans complication ] [ prolétaires ] [ existences pragmatiques ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson
Mis dans la chaine

adaptation

Une bonne traduction porte en elle la nostalgie de la langue absente.

Auteur: Benjamin Walter

Info:

[ transcodage ] [ écriture ] [ réminiscence ]

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Ajouté à la BD par miguel

complémentarité des opposés

Nul ne peut éprouver la privation
S’il n’a connu – l’Abondance –
Le fait de la Famine – ne saurait être
Sans le Fait du Grain –

Le Manque – est un Art succinct
Acquis par l’Inverse –
La Pauvreté qui ne fut pas Richesse –
Ne peut être Indigence

Auteur: Dickinson Emily

Info: Cahier 39, 771, traduction Claire Malroux

[ alternance d'états ] [ absence-présence ] [ référentiel de jugement ] [ contrastes nécessaires ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

inguérissable

"Le Temps apaise", dit-on –
Le Temps jamais n’a apaisé –
Une vraie souffrance se fortifie
Comme les Muscles, avec l’âge –

Le Temps est une Épreuve du Chagrin –
Mais non un Remède –
S’il s’avère tel, il prouve par là même
L’absence de Maladie –

Auteur: Dickinson Emily

Info: Cahier 38, 686, traduction Claire Malroux

[ dicton populaire ] [ tragique ] [ durée ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

harmonie intérieure

Mon Ame – m’accusa – Et je tremblai –
Comme si Langues de Diamant m’insultaient
Tout le reste m’accusa – et je souris –
Mon Ame – ce Matin-là – était Mon amie –

Sa faveur – est le meilleur Dédain
Envers l’Artifice du Temps – ou de l’Homme –
Mais son Dédain – plus tolérable
Est du Feu le doigt d’Email –

Auteur: Dickinson Emily

Info: Cahier 37, 753, traduction Claire Malroux

[ sûreté du jugement ] [ critère ultime ] [ accord à soi-même ]

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création libre

Publier – c’est vendre à l’Encan
L’Esprit de l’Homme –
La Pauvreté – justifierait
Un acte aussi infâme

Au besoin – mais Nous – préférons
De Notre Mansarde monter
Blanche – Vers le Blanc Créateur –
Plutôt qu’investir – Notre Neige –

La Pensée appartient à Qui l’a donnée –
Puis – à Qui engendre
Son illustration Corporelle – Vendez
L’Air Souverain –

En Paquets - Soyez le Négociant
De la Grâce Céleste –
Mais ne ravalez pas l’Ame Humaine
Au Déshonneur du Prix –

Auteur: Dickinson Emily

Info: Cahier 37, 709, traduction Claire Malroux

[ pureté ] [ incorruptible ] [ gratuité ]

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abnégation

Le Renoncement – est une Vertu poignante –
C’est lâcher
Une Présence – pour une Espérance –
A venir –
Se crever les Yeux –
Dès l’Aurore –
De peur que le Jour –
Ne surpasse
Son Grand Procréateur –
Le Renoncement – est un Choix
Contre soi –
Pour se justifier
Devant soi –
Quand un plus ample rôle –
Fera paraître
Mineure – la Vision Voilée – la Nôtre –

Auteur: Dickinson Emily

Info: Cahier 37, 745, traduction Claire Malroux

[ pari ] [ attente supérieure ] [ foi ]

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dévorante

La Douleur – comporte un élément de Vide –
Elle ne peut se remémorer
Quand elle a commencé – ou s’il y eut
Un temps où elle n’était pas –

Elle n’a d’autre Avenir – qu’elle-même –
Son infini contient
Son Passé – éclairé pour percevoir
De nouvelles Eres – de Douleur –

Auteur: Dickinson Emily

Info: Cahier 34, 650, traduction Claire Malroux

[ totalitaire ] [ tragique ]

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densité sensitive

Qu’il est opulent, ce Rêve –
Quelle Richesse – ce serait –
Si toute ma Vie n’avait été qu’Erreur
En Toi – rectifiée –

Auteur: Dickinson Emily

Info: Cahier 34, 646, traduction Claire Malroux

[ rêve dans le rêve ] [ rêve-réalité ]

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