Chaine - "Considérations sur le Temps"

théologie

Préambule pour la chaîne "Considérations sur le Temps".

Je pensais jusque là que te temps n'existe pas en dehors de la race. Et qu'il n'a aucune importance puisque sa durée est illimitée... Même si dans l'absolu c'est une contre vérité.

Les requins ont 400 millions d'années au compteur, il semble que leur univers soit immédiat, inchangé... Ils ont atteint une certaine forme de perfection par rapport à leur milieu, plutôt stable lui aussi : l'océan. Belle homéostasie ma foi.
Mais pour faire quoi ?

L'humain a lui émergé il a quelques centaines de milliers d'années. Autant dire que son parcours en tant qu'espèce est étonnamment rapide. Ou dérisoire ?
Cousin du requin parce qu'issu lui aussi de l'extraordinaire machine Gaïa, l'homme est un parent instable, jamais adapté ni satisfait... On le dirait perdu dans sa croissance, dans l'accélération de son avidité même. Il est curieux, il veut savoir... Il veut plus. Et la culture consumériste le pousse de plusieurs crans dans cette direction. Moustique qui se rue dans la flamme de la bougie ? Parallèlement, au bénéfice d'une mémoire externalisée donc collective, l'humain ne cesse d'agrandir sa conscience, l'idée de sa place dans le cosmos, parmi les autres vivants, son Moi, etc. Sans parler de son efficacité létale par rapport au reste de la vie non bactérielle.

Le temps n'existe pas hors notre espèce pour l'unique raison que, n'ayant jamais trouvé moyen de communiquer sur le sujet avec une autre entité vivante, nous n'avons pas d'autre point de vue sur la question. Il est de fait anthropomorphique. Et cette toute petite focale (la notre), qui constate sans cesse ce non "partage du présent" avec les autres entités de cette réalité, isolés les uns des autres en tant qu'espèces, nous ramène aux monades de Leibniz.

Il se trouve cependant que notre monade de primates dépoilés eut un jour ce coup de génie (folie?), qui consista à associer des signes écrits avec des éléments de sa réalité. Signes qui firent - et font désormais - consensus général quant à leurs définitions communes. Notre monde de sapiens transposé dans le langage. Transmutation qui, de par l'ouverture qu'elle apporte et la paresse physique qu'elle permet, a rapidement correspondu à une sorte de drogue. Plus grands accros à cette came, les ci-nommés intellos, philosophes... et autres grandes lectrices.

L'univers de l'animal, plus immédiat parce que non transcodé et différé par le langage, ressemble à un cosmos vierge et pur, qui vit l'instant, sans tous ces paramètres passés mémorisés, distractions, envies d'être ailleurs... pour le polluer. Que se racontent les oiseaux d'ailleurs ?

L'homme vit dans les commentaires de ce qu'il vit. Dans un monde conceptuel, notionnel.

Est-ce suicidaire ? Peut-être... Qui sait ?... On verra... On s'en fout.

Disons que non.

Tout ceci laisse à penser que si des arbres du vivant se sont développés sur d'autres planètes - et que l'humanité perdure pour se retrouver en position de les explorer - il faudra évidemment rechercher des races qui ont développé langage et mémoire externes. Histoire de rester à notre niveau... et surtout d'avancer en essayant de tirer leçon de ces échanges.

Alors un patient travail de traduction pourra être entamé. On aimerait tous en être j'en suis sûr.

Le temps à immense importance. Sans lui tout se passerait simultanément (ah ah ah...) Aucunement stressé par quelque survie immédiate, ou autre "objectif à atteindre", à l'instar de notre monde de compétition marchande et avide, il laisse place aux innombrables développements d'infinies variantes qui, pour le grand bonheur du contemplatif, ne cesseront jamais de le désennuyer.

Il existe certainement quelque part une théorie qui démontre que le Dieu (ou ce que certains tentent d'imaginer sous ce symbole) ne peut qu'être dans cette position paradoxale. Un Créateur impuissant.

S'il ne l'était pas il enlèverait sa liberté au vivant, donc à l'homme.

Je termine ce petit essai en soulignant les deux pensées opposées qui débutent cette chaîne de citations.

Éternel débat entre créationnistes et non créationnistes.

Auteur: Mg

Info: juillet 2019

[ interrogations ]

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évolution du vivant

Le temps est en fait le héros de l'intrigue. Le temps dont nous disposons est de l'ordre de deux milliards d'années. Ce que nous considérons comme impossible sur la base de l'expérience humaine n'a ici aucun sens. Avec autant de temps, l'"impossible" devient possible, le possible probable, et le probable presque certain. Il suffit d'attendre : le temps fait lui-même les miracles.

Auteur: Wald George

Info: The Physics and Chemistry of Life. The Origin of Life (p. 12). Simon & Schuster. New York, New York, USA. 1955

[ tâtonnement temporel ]

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évolution biologique

La réponse habituelle à cette question est qu'il y avait suffisamment de temps pour tout essayer. Je ne pourrais jamais accepter cette réponse. L'empilage de briques au hasard n'accouchera jamais d'un château ou d'un temple grec, quel que soit le temps à disposition. Un processus aléatoire ne peut faire émerger des structures significatives que s'il y a choix entre mutations sensées et mutations absurdes.

Auteur: Szent-Györgyi von N Albert

Info: Molecular Evolution: Prebiological and Biological. The Evolutionary Paradox and Biological Stability (p. 111) Plenum Press. New York, New York, USA. 1972

[ créationniste ] [ tâtonnement intelligent ]

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durée

Mes idées sur le temps se sont toutes développées à partir du constat que si rien ne changeait, nous ne pourrions pas dire que le temps passe. Le changement est fondamental, le temps, s'il existe, est quelque chose que nous déduisons de lui.

Auteur: Barbour Julian

Info:

[ évolution ] [ entropie ] [ physique théorique ]

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étendues

...la clé pour comprendre l'espace-temps est le fait (évident pour moi) que l'espace est la relation entre les choses et les autres choses alors que le temps est la relation entre les choses et elles-même.

Auteur: Murchie Guy

Info: The Seven Mysteries of Life: An Exploration of Science and Philosophy Part Three, Chapter 12 (p. 331) Houghton Miffl in Company. Boston, Massachusetts, USA. 1978

[ durée ]

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