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rationalité

Le croyant est en effet placé entre deux impossibilités : impossibilité de croire au Dieu de la Révélation traditionnelle, impossibilité de croire au "Dieu des philosophes et des savants". Car, et c'est là la première et la plus définitive victoire du rationalisme physiciste, le croyant lui-même adhère suffisamment à la philosophie nouvelle pour se convaincre que le Dieu anthropomorphe ou cosmique de la lettre des Écritures n'est plus recevable en sa créance. Pour l'admettre, il lui faudrait précisément une autre philosophie, une métaphysique des degrés de réalité, à laquelle il a justement renoncé. Désormais la philosophie, c'est-à-dire la connaissance intelligible et synthétique, a définitivement déserté l'ordre du sacré et du religieux, et il doit être suffisamment évident que ce divorce ne peut être que mortel, mortel sans doute pour le religieux, mortel aussi pour le philosophe, nous le montrerons. Mais le croyant peut-il pour autant adhérer au "Dieu des philosophes et des savants" ? Certainement pas. Non pas, comme on le dit trop souvent, parce que sa foi exclurait la science : la foi abrahamique, juive, chrétienne, islamique, s'est parfaitement accommodée du Dieu de Platon et d'Aristote, pendant de nombreux siècles. Mais le "Dieu des philosophes et des savants", c'est le Dieu construit par une certaine philosophie et une certaine science, contre le Dieu des Écritures, dont la raison scientifique a montré l'impossibilité. La philosophie naturelle de Galilée ayant ruiné le fondement ontologique du symbolisme traditionnel, il ne lui reste plus qu'à élaborer, en lieu et place, un autre Dieu du cosmos : Dieu-Horloger, Mécanicien céleste que l'on réduit à la condition de cause première. Ce théisme abstrait n'est pas contraire à la raison. Il se présente même à elle comme la seule solution possible. Mais sa négation ou sa réfutation s'accorde également, quoique d'une autre manière, avec les exigences de la logique. La foi ne peut donc y trouver l'absolu dont elle a besoin. C'est pourquoi elle se sent profondément étrangère à ce Dieu rationnel et se réclame d'un autre Dieu, celui d'Abraham, d'Isaac, et de Jacob. Ce faisant, elle renonce à l'intellectualité sacrée, elle entérine le partage du champ théologique que la nouvelle philosophie religieuse a établi, et paraît même revendiquer pour elle l'obscurité de son engagement. Car le Dieu d'Abraham, c'est celui qui s'adresse à notre personne, Dieu de notre existence et de notre vie, qui parle, non pour enseigner la nature des choses, mais pour susciter notre liberté. Le Dieu du cosmos est rejeté, soit dans l'imaginaire d'une mythologie à jamais disparue, soit dans l'aliénation théoricienne d'une mensongère conceptualisation du divin. Penser Dieu, c'est le soumettre aux catégories de l'entendement, c'est nier son irréductible présence existentielle.

Auteur: Borella Jean

Info: La crise du symbolisme religieux, 1re partie, ch. II, art. 3, sect. 4, pp. 114-115, éd. L'Âge d'Homme, 1990

[ modernité ] [ intuition intellectuelle ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

subterfuge

La réalité du temps a été remplacée par la publicité du temps.

Auteur: Debord Guy

Info: La société du spectacle, 154.

[ modernité ] [ temps gagné consumériste ]

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Ajouté à la BD par Bandini

totalisation

Hegel est le premier à comprendre, au début du XIXe siècle, que l’humanité est en train de basculer d’une ère à une autre, que nous sommes en train de sortir de l’histoire, et qu’il est vain de tenter de maintenir tout ce qui est en train de s’effondrer. Ce qui s’achève sous les yeux de Hegel, c’est le processus de réalisation de la raison et de rationalisation de la réalité : et en effet, nous ne vivons plus dans un environnement naturel, mais dans un univers intégralement artificiel et numérique, au sein de ce que Hegel nomme une "seconde nature", qui s’est substituée à la première. Hegel lui-même y voit l’accomplissement du platonisme, l’achèvement de la métaphysique, et c’est ce qu’il oppose à Kant : la Critique de la raison pure veut montrer que la métaphysique est impossible parce que les idées de la raison ne peuvent pas trouver de vérification expérimentale dans les structures de la subjectivité finie, et tout particulièrement dans les formes de l’espace et du temps ; Hegel lui objecte que ce n’est précisément pas par les sujets finis que se fait cette vérification, mais par le biais du travail millénaire de peuples qui se sont succédés pour opérer cette rationalisation intégrale du réel, et ce dans le temps de l’histoire et dans l’espace du monde. Hegel conçoit ainsi notre époque comme synthèse de toutes les contradictions, comme identité achevée de l’idéal et du réel, adéquation parfaite du réel et du rationnel : de son point de vue, la Sagesse que recherchaient les philosophes est enfin atteinte, nous sommes entrés dans l’ère du Vrai et du Bien, et il conçoit même l’avènement de cette totalité rationnelle comme marche de Dieu sur terre. Hegel est ainsi fondamentalement le penseur de la réconciliation : c’est pourquoi il n’est pas un penseur de la crise. Il demeure en effet idéaliste et reste pris dans les structures de la métaphysique, en ce qu’il identifie la réalité à l’idéalité, le réel et le rationnel.

Auteur: Vioulac Jean

Info: http://actu-philosophia.com/Entretien-avec-Jean-Vioulac-Autour-d-Approche-de

[ résumé ] [ message philosophique ] [ modernité ]

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existentiel

Le monde aux allures de désert commande à la vie d’être vécue comme un pèlerinage. Mais parce que la vie a déjà été transformée en pèlerinage, le monde au pas de la porte a des allures de désert, il est monotone ; sa signification demande encore à être introduite par le biais de pérégrinations qui la transformeraient en piste menant à une ligne d’arrivée où réside la signification. Cette "introduction" de la signification a reçu le nom de "construction d’identité".

Auteur: Bauman Zygmunt

Info: Dans "La vie en miettes", page 39

[ postmodernité ] [ dénuement ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

efficacité

Que l’époque se reconnaissance dans l’équation : "vivre = orgasmer" permet de fournir une qualification à son idiosyncrasie. Il est en effet permis de nommer « hédoniste » toute époque prétendant assimiler la jouissance sexuelle à l’événement de l’orgasme. Qu’une telle assimilation ne se laisse pas lire dans l’histoire permet de conclure qu’il s’agit bien là d’un trait propre à l’époque. Ni l’érotologie arabe, ni la chinoise, ni la japonaise, ni l’indienne, ni la grecque, ni la romaine – pour se limiter aux plus connues – n’ont procédé à une assimilation du même ordre. L’orgasme, pour y être reconnu comme un événement important de la sexualité, y recevait le statut d’un simple terminus ad quem. Beaucoup plus important que celui-ci était la manière d’y parvenir ; et ce que son obtention entraînait comme conséquences pour celui qui l’obtenait.

Auteur: De Sutter Laurent

Info: Dans "Contre l'érotisme", page 16

[ modernité ] [ tantrisme ] [ baise ] [ préliminaires ] [ paroxysme sexuel ] [ historique ]

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injonction contradictoire

Peut être dite dysneylandisée une société où les maîtres sont maîtres des attractions et les esclaves spectateurs ou acteurs de celles-ci. Disneylandienne est l’oppression contre laquelle nul ne pourrait se révolter, sauf à apparaître comme un fou, puisqu’elle ne communique que l’ordre de s’amuser.

Auteur: Muray Philippe

Info: Dans "Le portatif", page 39

[ dialectique maître-esclave ] [ modernité ] [ entertainment ]

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progrès

Sur les décombres de son ancienne demeure, à l'ombre des dattiers, un gros immeuble a surgi. Ce bâtiment impersonnel touche La maison de Mon Enfance et l'empoisonne, lui vole sa lumière et sa vitalité. Le béton intoxique la boue et la paille des murs, en train de s'effondrer...

Auteur: Bessa Myftiu

Info: Confessions des lieux disparus

[ modernité ] [ destruction ]

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modèle littéraire

Qu'est-ce que tu veux faire ? Il susurre après encore un long silence.
Un Balzac, j'ai envie de faire un Balzac.
Moi je dis Balzac, Balzac, c'est pas mal, mais il faut rentrer dans toutes les têtes mon petit. Faut enlever tous les trucs de ta classe. Balzac c'est souvent bourgeois. Faut arrêter les écrivains avec la maison de campagne et les greniers avec de vieilles raquettes de tennis.
C'est ça mon projet, je réponds.
Balzac ? Mais Balzac, c'est idiot de vouloir faire un Balzac. Ça ne fera aucun scandale, et il faut que ça bouge un peu, non ? C'est pas un sujet, bordel. Faut un sujet. Un type part en croisade avec un groupe de copains fanatiques. J'ai pensé ça ce matin. Ça c'est bon. Moi j'ai des idées de sujets.

Auteur: Cadiot Olivier

Info: In "Providence", éd. P.O.L., p. 109

[ impératif de transgression ] [ modernité ] [ dénigrement ] [ se démarquer ]

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Ajouté à la BD par Benslama