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oulipo

486
avant même d'être poétique le langage est politique
je vois le quart supérieur droit de mon visage
inscrivez vos nom prénom et adresse dans le cadre
est-ce que je peux vous poser une question ?
le jeu de l'oie est un genre particulier de labyrinthe
on peut considérer le rêve comme une courte folie
et par ailleurs il laisse une trace qui est autre

Auteur: Grangaud Michelle

Info: Poème "timbré" (si à chaque lettre est associé un nombre correspondant à son rang alphabétique (a=1, ..., z=26), la somme des lettres est la même pour chaque vers - ici : 486 ) - in "poézi prolétèr" n.2, p. 161

[ formalisme ] [ pondération ] [ désarticulation ]

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Ajouté à la BD par Benslama

hommes-femmes

En fin de compte, c’est comme hommage à George Sand, bien plus qu’à sa pâle Athénaïs, qu’il faudrait relire ce que Michelet a tartiné sur la Femme. Agenouillement du Maître-Autel devant la Guérisseuse ! Lutte frénétique contre les chatouilles sensuelles du clergé. Quinze ans de vaudeville pathétique sous le toit conjugal. Les jours où elle ne veut pas. Ceux où elle veut un peu. Ceux où elle se met en colère. Ceux où elle a l’air disposée. Ceux où elle est malade. Les hémorroïdes, les constipations, les règles. Le jour où elle lui laisse baiser ses pieds mais rien d’autre. Celui où elle brise net son assaut en lui disant cette nouveauté : "Je suis une personne, non une chose". Celui où elle consent enfin à essayer de se "desserrer" comme il écrit. Après avoir pris un long bain pour se dilater. Le soir où il tente l’autre solution, celle du vis-à-dos. Le forçage impossible de l’ "étroite vallée qui se fend entre deux montagnes". Ceux où il peut examiner avec ravissement les métamorphoses périodiques du "cher petit organe". Ceux où il se sent en elle "comme Brahma dans le lotus". Ceux où il palpe, voit, tripote, saisit, renifle. Ceux où elle refuse de le laisser palper, tripoter, regarder, renifler. L’obsession sexuelle devenant religion. La Nature autour d’eux se transformant poétiquement en une immense muqueuse palpitante. Le "petit épanchement de la nature". Le "petit bonheur" du pipi et du caca. Les excréments "cordes blondes". La "pagode sainte" du rond des chiottes. Le "cabinet-musée". L’obscénité résidant dans la sanctification de l’obscène. Le rêve de fusion payé très cher. Le mystère qui s’accroît quand les fesses reculent.

Auteur: Muray Philippe

Info: Dans "Le 19e siècle à travers les âges", page 618

[ sublimation ] [ scatophilie ] [ sexualité ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

enfance

Les souillures ne sont plus internes puisque nous n’avons plus de péché préexistant, elles sont devenues externes et on est par conséquent autorisé à édifier un nombre croissant de barrières de chasteté autour de l’enfant qui n’avait jamais été si protégé, c’est-à-dire réprimé et accablé de lois morales et d’interdits disciplinaires et prophylactiques du temps où personne ne se faisait d’illusions sur sa pureté et sa chasteté. La négation du péché originel n’est rien d’autre que la condition rusée d’implantation du refoulement sexuel le plus impitoyable. Vraiment atroce : celui qui veut vous sauver. L’art poétique d’être grand-père. L’art d’imposer son gâtisme. L’inhibition Hugo-Michelet devant le péché.

Auteur: Muray Philippe

Info: Dans "Le 19e siècle à travers les âges", page 556

[ idéalisation ] [ historique ] [ projections ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

patronyme

Baudelaire est le nom d’une ouverture sobre, d’une passe, d’un passage à travers l’épaisseur du 19e. Sans lui, nous n’aurions pas de nom pour désigner l’autre côté de la dixneuviémité, son extériorité bizarre et sa conjuration sans cesse répétée dans l’ironie et la solitude. Ça doit d’ailleurs être la raison pour laquelle on a commencé par le déformer, ce nom, quand il est apparu dans les journaux, les médias de ce temps-là. En lui mettant un e pour faire plus beau. Or, le nom de Baudelaire vient de l’ancien français badelaire qui désigne une épée à deux tranchants (voir Rabelais dans le prologue du Tiers Livre de Pantagruel : les Corinthiens occupés à "affiler cimeterres, brancs d’acier, badelaires"). En écrivant Beau, on retire les tranchants. On émousse le fil, les choses rentrent dans l’ordre. Dans le tas. Les Fleurs du Mal redeviennent de la botanique poétique.

Auteur: Muray Philippe

Info: Dans "Le 19e siècle à travers les âges", page 208

[ affadissement ] [ modification ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

désir de complétude

Obsédé par la guérison du genre humain, Auguste Comte en arrive presque, génialement, à inventer une partie du freudisme cinquante ans avant Freud. En affirmant que l’activité du cerveau n’est pas isolable de celle de l’organisme. […] Au premier tome de sa Politique positive, on trouve une classification systématique des "dix-huit fonctions intérieures du cerveau". Il a passé trois ans, de 1846 à 1850, à y travailler. C’est son "tableau systématique de l’âme". L’ennui est que tout cela est présenté dans l’optique du rétablissement d’une harmonie originaire qui aurait été brisée mais serait restaurable. Cette Harmonie est fondamentale dans l’économie de l’organisation dixneuviémiste. Rien ne prouve, n’est-ce pas, qu’il y aurait à la base une béance, un manque, un trou. Pourquoi pas plutôt une Harmonie oubliée ? A tous les niveaux – poétique, politique, philosophique, idéologique – de la sublimation sexuelle, le 19e est mobilisé par le militantisme de l’Harmonie. Ce qui explique d’ailleurs en partie la répulsion générale, plus tard, pour l’intervention de Freud remettant le genre humain dans son ornière de castration. Réactualisant brusquement sous d’autres noms la dissonance qui constitue le sujet alors que celui-ci vient justement de se persuader qu’il était tombé d’une Harmonie indicible.

Auteur: Muray Philippe

Info: Dans "Le 19e siècle à travers les âges", page 78

[ positivisme ] [ psychanalyse ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

lecture

La poésie, par exemple, va si profondément dans l'espace entre affect corporel et émotion profonde (primitive même dans certains cas) que, comme l'a dit Emily Dickinson, elle peut vous faire exploser le haut du crâne. Le langage poétique est parfois mal compris et présenté à tort comme "abstrait" alors qu'en réalité, il est précis - exactement le langage des émotions et du corps.

Auteur: Yuknavitch Lidia

Info: therumpus.net

[ littérature ] [ quintessence ]

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Ajouté à la BD par miguel

poésie

Le langage poétique se caractérise par une relation forme/contenu plus symbolique que conventionnelle, au sein de laquelle tous les éléments linguistiques (et culturels), aussi bien les variantes que les invariants, peuvent être impliqués dans l'expression du contenu.

Auteur: Lotman Yuri

Info: "Analyse du texte poétique".

[ définie ] [ ouverture ] [ association libre ]

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souffrance

Ce sont les mêmes centres cérébraux qui interprètent et ressentent la douleur physique qui s'activent également lors d'expériences de rejet émotionnel. Au vu des scans du cerveau, ils s'allument en réponse à l'ostracisme social, tout comme ils le font lorsque déclenchés par des stimuli physiquement nocifs. Quand les gens parlent de se sentir blessés ou de ressentir une douleur émotionnelle, ils ne sont pas abstraits ou poétiques, mais scientifiquement très précis.

Auteur: Mate Gabor

Info:

[ chair-esprit ]

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Ajouté à la BD par miguel

psychanalyse

En me plongeant dans vos splendides créations, j’ai toujours cru y trouver, derrière l’apparence poétique, les hypothèses, les intérêts et les résultats que je savais être les miens. [… ] J’ai ainsi eu l’impression que vous saviez intuitivement [… ] tout ce que j’ai découvert à l’aide d’un travail laborieux pratiqué sur autrui. Oui, je crois qu’au fond de vous-même, vous êtes un investigateur des profondeurs psychologiques aussi honnêtement impartial et intrépide que quiconque.

Auteur: Freud Sigmund

Info: Dans une lettre adressée à Arthur Schnitzler en 1922

[ admiration ] [ littérature ] [ variations ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson

littérature

[…] Thomas Mann lui-même, et c’était extrêmement grave, avait été incapable d’échapper à la fascination de la jeunesse et de la beauté, qu’il avait finalement placées au-dessus de tout, au-dessus de toutes les qualités intellectuelles et morales, et devant lesquelles il s’était au bout du compte lui aussi, sans la moindre retenue, abjectement vautré. Ainsi toute la culture du monde ne servait à rien, toute la culture du monde n'apportait aucun bénéfice moral ni aucun avantage, puisque dans les mêmes années, exactement dans les mêmes années, Marcel Proust concluait, à la fin du "Temps retrouvé", avec une remarquable franchise, que ce n'étaient pas seulement les relations mondaines, mais même les relations amicales qui n'offraient rien de substantiel, qu'elles étaient tout simplement une perte de temps, et que ce n'était nullement de conversations intellectuelles que l'écrivain, contrairement à ce que croient les gens du monde, avait besoin, mais de "légères amours avec des jeunes filles en fleurs". Je tiens beaucoup, à ce stade de l'argumentation, à remplacer "jeunes filles en fleurs" par "jeunes chattes humides" ; cela contribuera me semble-t-il à la clarté du débat, sans nuire à sa poésie (qu'y a-t-il de plus beau, de plus poétique, qu'une chatte qui commence à s'humidifier ? Je demande qu'on y songe sérieusement, avant de me répondre. Une bite qui entame son ascension verticale ? Cela pourrait se soutenir. Tout dépend, comme beaucoup de choses en ce monde, du point de vue sexuel que l'on adopte).
Marcel Proust et Thomas Mann, pour en revenir à mon sujet, avaient beau posséder toute la culture du monde, ils avaient beau être à la tête (en cet impressionnant début du XXe siècle, qui synthétisait à lui seul huit siècles et même un peu plus de culture européenne) de tout le savoir et de toute l’intelligence du monde, ils avaient beau représenter, chacun de leur côté, le sommet des civilisations française et allemande, c’est-à-dire des civilisations les plus brillantes, les plus profondes et les plus raffinées de leur temps, ils n’en étaient pas moins restés à la merci, et prêts à se prosterner devant n’importe quelle jeune chatte humide, ou n’importe quelle jeune bite vaillamment dressée – suivant leurs préférences personnelles, Thomas Mann demeurant à cet égard indécidable, et Proust au fond n’étant pas très clair non plus.

Auteur: Houellebecq Michel

Info: Dans "Sérotonine", pages 333-335

[ défaite ] [ instincts primaires ] [ bestialité ]

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Ajouté à la BD par Coli Masson